Et ça recommence!

Le ministre de la Sécurité du revenu annonçait il y a deux semaines la création de dix postes d'inspecteur. Ces gens devront dénicher les fraudeurs à la sécurité du revenu. Selon certains analystes, ces fraudeurs se retrouvent dans une proportion d'à peu près 5 pour cent (...), une proportion identique à celle constatée à tous les échelons de la société. (...)
Bon nombre des assistés sociaux qualifiés de fraudeurs commettent des erreurs dans leurs déclarations parce qu'ils ne comprennent même pas les questions ou tout simplement parce qu'ils ne savent pas lire. Pendant ce temps, notre gouvernement coupe dans les postes de fonctionnaires qui pourraient leur venir en aide pour remplir ces fameux formulaires et ainsi éviter des erreurs.
Il n'y a pas si longtemps nous «démonisions» les «BS». Le gouvernement d'alors n'a rien fait pour nous en dissuader. Nous avions tous les yeux fixés sur ces dangereux fraudeurs de l'aide sociale. Pendant ce temps, par maintes magouilles, des gens passablement fortunés s'en mettaient plein les poches. Chacun se renvoyait l'ascenseur. La conscience semble bien élastique lorsque des sommes colossales sont en jeu. Encore plus si l'argent vient des poches de contribuables anonymes.
Il serait très intéressant de connaître les sommes impliqués dans ces magouilles et de les comparer aux fraudes à la sécurité du revenu (...). À voir ce qui se déroule à la commission Charbonneau, ces nouveaux inspecteurs devraient être affectés à la recherche de grosses prises beaucoup plus payantes. Si on cherchait à récupérer les sommes en jeu, alors nous pourrions peut-être nous attaquer à la lutte à la pauvreté au lieu de nous attaquer aux pauvres.
Maurice Richard
Sherbrooke