Sous la rubrique de la qualité de l'air, la problématique de l'heure est certes les gaz à effet de serre qui engendrent les changements climatiques.

Environnement : nos choix font-ils une différence ?

ANALYSE / L'état de santé de notre chère planète Terre est très préoccupant; son équilibre est rompu à plusieurs égards. Mais qui doit agir pour améliorer la situation? À qui incombe la responsabilité de protéger notre planète? Aux industries? Elles produisent ce que nous consommons, que ce soit ici ou en Chine. Leurs dirigeants? Ils sont souvent tributaires des actionnaires gourmands d'une rentabilité financière immédiate. Les gouvernements? Ils sont le reflet de nos propres engagements.
Ce sont principalement nos choix individuels qui induisent ces impacts sur l'environnement, que nous considérions la ressource vitale qu'est l'eau, la quantité de matières résiduelles que nous générons ou la quantité de gaz à effet de serre que nous produisons. À ce sujet, une étude commandée par la Fondation David Suzuki indique que 79 % des Québécois et des Québécoises considèrent que les changements climatiques auront des effets très graves. Mais au quotidien, comment agissons-nous pour réduire notre production de gaz à effet de serre? Nos décisions quotidiennes ont des répercussions sur notre planète, mais nous avons souvent mieux à faire que de nous préoccuper de leurs impacts sur l'environnement.
Sous la rubrique de la qualité de l'air, la problématique de l'heure est certes les gaz à effet de serre qui engendrent les changements climatiques. Selon un rapport du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), c'est la filière du transport qui remporte la palme avec l'émission de 45 % des gaz à effet de serre générés au Québec, une hausse relativement à la production de gaz à effet de serre en 1990. L'augmentation du parc automobile, de la puissance des véhicules utilisés ainsi que du kilométrage fait globalement conduit à cette hausse. Le choix du véhicule acheté ainsi que son utilisation au quotidien ont un impact direct sur cet enjeu primordial.
En ce qui a trait aux matières résiduelles, selon un rapport du MDDELCC, chaque citoyen envoie encore à l'élimination près d'un kilogramme de matières résiduelles non dangereuses quotidiennement. Ces matières sont principalement le résultat de nos choix de consommation. Nous pouvons choisir d'acheter des matières emballées de matériaux recyclables, des biens conçus pour durer et réparables. Nous pouvons résister à l'offre de nouveaux biens que l'industrie nous présente comme étant de nouveaux besoins. Ce sont nos choix qui influencent la quantité de matières résiduelles que nous générons.
En ce qui concerne l'eau, le Québec est riche en cette ressource vitale; notre approvisionnement en eau semble intarissable. Un rapport du gouvernement du Canada nous classe parmi les plus grands consommateurs d'eau au monde. Remarquons uniquement le fait qu'il faut environ 15 000 litres d'eau pour produire 1 kilogramme de boeuf. Il est connu que les changements climatiques auront un impact sur l'approvisionnement en eau dans les prochaines années. Ils amplifieront les périodes d'inondation, mais également les périodes de sécheresse. D'un côté, la qualité générale de l'eau au Québec s'est améliorée; un rapport du MDDELCC atteste que les contaminants suivis dans le passé montrent globalement une baisse dans nos rivières. D'un autre côté, le développement des méthodes d'analyse permet de surveiller la présence de nombreux autres produits chimiques dont la concentration dans les cours d'eau est préoccupante.
Par exemple, les produits pharmaceutiques et de soins corporels, les hormones ainsi que les produits ignifuges sont présents dans les rejets des eaux usées, même après traitement puisque les stations municipales n'en permettent qu'une élimination partielle. Les effets de ces contaminants sur les humains et sur la vie aquatique sont peu connus et les critères de concentration à respecter ne sont pas définis. Le principe de précaution nous incite à réduire le rejet de ces contaminants dans nos eaux usées. Ceci se matérialise dans un choix judicieux des produits que nous consommons. La préservation de la qualité et de la quantité de nos ressources aquifères dépend de nos choix au quotidien.
Ce sont nos actions individuelles qui déterminent notre impact sur l'environnement. Chaque individu peut faire des choix pour ne prélever de la nature que ce qui est nécessaire sans aller au-delà de ses capacités. Les choix que nous faisons portent un vent d'optimisme. Une étude menée par la Fondation Monique-Fitz-Back montre que 52 % des jeunes aimeraient faire plus pour protéger l'environnement, mais ne savent pas comment. À nous d'innover et de leur montrer la voie. Selon cette même étude, les jeunes dont les parents agissent concrètement pour protéger l'environnement sont plus optimistes en regard de l'avenir de la planète.
Chaque humain est un réel agent de changement. Nous devons être conscients de nos choix et prendre nos décisions avec une bienveillante sollicitude envers les générations futures. Comme nous le disait Gandhi, nous devons « vivre simplement pour que d'autres puissent simplement vivre ». Pourrions-nous choisir dès maintenant de poser une action simple et concrète qui est à notre portée?
Lucie Laramée signera un texte de réflexion une fois par mois dans nos pages. Elle est titulaire d'un doctorat en génie chimique et citoyenne engagée au niveau de la protection de l'environnement.