Depuis la tragédie de Lac-Mégantic, en juillet 2013, la sécurité ferroviaire et le mauvais état des voies ferrées entre Farnham et Lac-Mégantic sont source d’inquiétude.

Enjeux régionaux

ÉDITORIAL / D’ici le scrutin du 21 octobre, les chefs des principaux partis politiques fédéraux se prononceront sur de nombreux dossiers nationaux et régionaux.

La région de l’Estrie attend des positions claires sur plusieurs enjeux qui la touchent au quotidien, notamment la sécurité ferroviaire, le logement social, l’environnement et la pénurie de main-d’œuvre.

Depuis la tragédie de Lac-Mégantic, en juillet 2013, la sécurité ferroviaire et le mauvais état des voies ferrées entre Farnham et Lac-Mégantic sont source d’inquiétude –

et bien souvent de colère — au sein de la population et chez plusieurs élus en raison d’une impression de laisser-aller de la part de Transports Canada et des compagnies ferroviaires.

Il est anormal que des citoyens sentent le besoin de procéder eux-mêmes à l’inspection des voies ferrées pour ensuite alerter les autorités lorsqu’ils observent des anomalies.

Et, preuve que rien ne bouge, ou si peu, la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic, avec l’appui subséquent de la municipalité de Nantes et du comité de citoyens de Deauville-Magog, a acheminé une mise en demeure au ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, pour que cesse immédiatement le transport de matières dangereuses sur le tronçon Farnham/Lac-Mégantic tant que des réparations ne seront pas effectuées.

Un récent rapport d’inspection de Transports Canada faisant état de risques pour la sécurité sur cette voie ferrée, suivi du déraillement partiel d’un convoi, à Nantes en août, ont eu raison de la patience des citoyens.

Il est impératif que les chefs politiques disent clairement ce qu’ils entendent faire pour améliorer l’entretien des voies ferrées et responsabiliser les compagnies ferroviaires.

Le logement social est également un domaine où les choses semblent traîner en longueur : malgré les besoins criants dans plusieurs régions, Québec et Ottawa n’ont toujours pas conclu d’entente bilatérale sur le logement alors que les fonds ont été annoncés il y plus de 20 mois.

L’Association des locataires de Sherbrooke et l’Office municipal d’habitation plaident pour un réinvestissement dans le logement social alors que 800 ménages sont sur une liste d’attente à Sherbrooke.

Les chefs de partis devront démontrer qu’ils prennent la chose au sérieux et s’engager à régler le dossier avec Québec.

Les politiciens ne pourront pas non plus faire l’économie du dossier de la pénurie de main-d’œuvre, un phénomène complexe qui touche l’ensemble des régions.

La lutte au décrochage scolaire, le perfectionnement de la main-d’œuvre, la formation et la francisation des immigrants et la rétention des travailleurs expérimentés font partie de la solution.

Il y a urgence : des milliers de postes sont à pourvoir uniquement en Estrie et nombre d’employeurs doivent refuser des contrats ou ralentir leurs projets d’expansion.

Autre dossier majeur pour la région : le projet de liaison ferroviaire pour passagers Montréal-Sherbrooke de l’homme d’affaires François Rebello.

Ce dossier, loin d’être ficelé et nécessitant la réfection complète des voies ferrées, permettrait de réduire la circulation automobile sur l’autoroute 10 et les émissions de gaz à effet de serre.

La Ville de Sherbrooke a récemment appuyé le dépôt d’un projet de mise à niveau de la voie ferrée de 300 millions $ au Fonds national des corridors commerciaux de Transports Canada. C’est un premier pas.

Jusqu’ici, seul le Nouveau Parti démocratique (NPD) s’est dit en faveur d’une contribution fédérale au projet de train de passagers. On aimerait donc entendre les autres partis politiques se prononcer.

La crise financière que traversent les six quotidiens membres du Groupe Capitales Médias (GCM), qui voient leurs revenus publicitaires péricliter au profit des géants du web, nécessite une solution rapide impliquant les gens des régions.

Cela doit interpeller les candidats des différents partis politiques.

Ce ne sont pas seulement des entreprises qui sont en péril, mais la survie même de l’information régionale.