Enfin on parle de recyclage

La décision de la Chine de ne plus importer la majeure partie de notre bac de récupération provoque présentement une onde de choc d’une ampleur à laquelle il fallait s’attendre. Au cours des dernières semaines, presque tous les médias et organismes concernés ont fait état d’une situation particulièrement embarrassante.

Pendant la dernière année pourtant, Éco-Entreprise nous avait inondés de plusieurs publicités triomphalistes sur la récupération au Québec. Sans jamais donner d’indication sur ce qui advenait de cette récupération. Le mot recyclage ne faisait pas partie du vocabulaire.

Avec le refus de la Chine, nous savons maintenant que cette récupération devait être recyclée ailleurs et qu’elle était tellement mal triée que les Chinois ne veulent plus importer nos déchets. Nous savions déjà que notre verre retournait presque en entier dans les sites d’enfouissement. (14 % recyclé, donc 86 % dans les dépotoirs).

Et maintenant, par la force des choses, nous aurons des milliers de tonnes des mêmes déchets en ballots qui vont s’accumuler dans les cours des centres de tri. On nous affirme que rien ne sera envoyé dans les sites d’enfouissement (...)
Ce sera pour quand, pour combien de temps et à quel prix de revient ? Car on n’a jamais parlé du prix de rendement de ces matières envoyées en Chine. [...]

De plus, nous n’avons pas et nous n’aurons pas avant un moment au Québec les machines qui pourraient améliorer le tri. Peut-être y en a-t-il quelques-unes qui sont en cours d’expérimentation, mais dont le coût est très élevé. Alors pour combien de temps devrons-nous accumuler ? (...)

À la fin, pourquoi ne pas recycler au Québec ? Il y a des usines et des conditionneurs de verre qui veulent du verre propre. Tout le verre. Il y a la compagnie Cascades qui affirmait il y a peu de temps qu’elle pourrait recycler tout le papier récupéré au Québec, pourvu qu’il soit propre. Elle doit importer beaucoup de son papier récupéré d’ailleurs. La plupart des conditionneurs de plastique sont disparus de la carte parce que le plastique récupéré était trop sale, contaminé surtout par le verre. Pensons une minute à la création d’emplois liée à ce recyclage local et à l’enrichissement collectif qui en serait la conséquence.

L’objectif déchets zéro vient de manger un grand coup dans les reins. Alors, pourquoi ne pas repenser à fond le système de cueillette des matières récupérées ? (...)

Et la question qui tue : à qui profite le maintien d’un système pareil ?

Le Comité Opération-Verre-Vert
Micheline Jeanson, Mariette Bombardier, Viateur H. Blais, Diane Deschesnes, Jean-Claude Thibault, Gaston Michaud