Encore trop de problèmes

ÉDITORIAL / Lacunes dans la qualité des services, longs délais et atteintes aux droits des personnes : le constat de la Protectrice du citoyen, Marie Rinfret,  pour 2016-2017, démontre à nouveau  que le réseau de la santé et des services sociaux tarde à apporter les améliorations attendues, deux ans après la réforme Barrette.
Visiblement, le système a du mal à se relever des compressions budgétaires des dernières années et malgré les réinvestissements en santé annoncée depuis la fin de 2016, les problèmes semblent persister.
Dans son rapport dévoilé hier, la Protectrice du citoyen note par exemple que la qualité des services de soutien à domicile pour les aînés se détériore et que seulement la moitié des personnes âgées qui ont besoin de services d'aide en reçoivent, que les longs délais d'accès à des examens diagnostiques ont donné lieu à des plaintes à nouveau cette année, tout comme pour l'accès à un médecin de famille.
Il faut toutefois souligner sur ce dernier point que 77 pour cent des Québécois ont maintenant accès à un médecin de famille, alors que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, vise l'objectif de 85 pour cent d'ici la fin de l'année.
Autre problème soulevé par Mme Rinfret : l'encadrement insuffisant des résidences privées offrant des services en santé mentale, en ce qui a trait notamment au comportement des propriétaires ou du personnel, la gestion des médicaments, la qualité des repas et la salubrité des lieux, alors que de telles résidences n'ont pas à être certifiées par le ministère de la Santé et des Services sociaux!
Le Protecteur du citoyen a demandé à plusieurs reprises au cours des dernières années que le ministère encadre ce type de résidences or, aussi incroyable que cela puisse paraître, celui-ci « indique qu'il n'est pas au fait de l'existence de telles ressources (...) »!
La Protectrice du citoyen note également que faute d'information suffisante, la confusion perdure dans la population concernant les frais accessoires, abolis en janvier dernier, et les dépenses qui sont facturées parce qu'elles sont liées à des services non assurés.
Tout cela laisse la douloureuse impression que plus ça va et plus c'est pareil.
Dans son rapport pour 2015-2016, l'ancienne Protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, avait observé que les personnes vulnérables avaient payé le prix des mesures d'austérité du gouvernement Couillard pour l'atteinte du déficit zéro, un constat que le premier ministre avait rejeté du revers de la main.
On a tendance à lui donner raison lorsque, par exemple, offrir un bain de plus par semaine aux résidents en CHSLD, grâce à une injection de fonds de 36 millions $, est vu comme un grand progrès social alors que le gouvernement vient d'accorder une hausse de rémunération de 10 pour cent sur trois ans aux médecins de famille, assortie de deux montants forfaitaires totalisant 40 000 $.
On aimerait croire que le citoyen est au coeur de la réforme Barrette, qui s'est traduite notamment par la fusion des établissements de santé, la centralisation de certains services et l'imposition de « quotas » de patients aux médecins.
Tout ne peut être parfait, mais manifestement le gouvernement Couillard ne semble pas à l'écoute.