Encore plus cher

ÉDOITORIAL / Le coût des aliments a beaucoup augmenté au cours des dernières années et il n'y aura pas de répit en 2017, indique le Rapport sur les prix alimentaires à la consommation 2017 de l'université Dalhousie, ce qui poussera encore davantage de ménages dans l'insécurité et la précarité, une situation inacceptable qui devrait interpeller Ottawa et les provinces.
Les gouvernements ont évidemment bien peu de prise sur le marché de l'alimentation, mais l'accès à la nourriture et la sécurité alimentaire sont des questions sur lesquelles ils peuvent intervenir, par exemple en soutenant davantage l'agriculture d'ici et l'offre de produits locaux à bas prix.
Selon les chercheurs de cette université de la Nouvelle-Écosse, le prix des aliments pourrait augmenter de 3 à 5 pour cent en 2017, donc davantage que le taux d'inflation, principalement celui des fruits, des légumes, de la viande, des poissons et des fruits de mer, en raison de la faiblesse du dollar canadien, qui rend les importations plus onéreuses, et des coûts de l'énergie.
En outre, l'élection de Donald Trump, dont les visées protectionnistes sont connues, pourrait aussi forcer les prix vers le haut.
Selon le rapport, cette escalade des prix pourrait représenter des dépenses annuelles supplémentaires de 420 $ pour les familles canadiennes, une donnée qui peut toutefois varier selon les régions du pays.
Un tel scénario n'a rien de réjouissant pour les consommateurs canadiens et québécois qui, depuis près de 10 ans, ont vu les coûts des aliments exploser.
Durant les 10 premiers mois de 2016, le prix du panier d'épicerie a augmenté de 2,5 pour cent, mais il avait progressé de 4,1 pour cent en 2015, de 2,8 pour cent en 2014 et de 4 pour cent en 2013.
Les ménages déboursent donc de plus en plus pour se nourrir, ce qui pousse de plus en plus de consommateurs à acheter des produits peu chers et moins bons pour la santé ou à aller faire leurs emplettes dans les grandes surfaces comme Costco et Walmart, qui s'approvisionnent largement aux États-Unis et plus au Sud.
D'où les bleuets californiens ou chiliens offerts à moindre coût que ceux du Lac-Saint-Jean en pleine période de récolte du mois d'août.
Pour les ménages à faible revenu qui, pour la plupart, ont déjà de la difficulté à se loger, à se vêtir et à se soigner, cela se traduit par un abonnement aux banques alimentaires.
Les banques alimentaires du Québec ont observé une augmentation des demandes d'aide directe de 23 pour cent depuis 2008.
Moisson-Estrie a enregistré une hausse des demandes de 10,8 pour cent entre mars 2015 et mars 2016; chez Moisson Mauricie/Centre-du-Québec, on parle d'un bond de 22 pour cent durant cette période!
Ça ne peut plus durer.
Imputabilité
La remise en question de la présence d'élus municipaux au conseil d'administration de Sherbrooke Innopole est plutôt surprenante et crée avec raison un malaise.
Quels sont les motifs des administrateurs de cet organisme paramunicipal qui a reçu une contribution de la Ville de Sherbrooke de 3,1 millions $ en 2015-2016?
Ces fonds publics ne constituent pas un chèque en blanc.
Sherbrooke Innopole est chargé de faire du développement économique et de favoriser la création d'entreprises liées à la recherche et à l'innovation. Elle doit être apolitique et indépendante, cela va de soi.
Toutefois, comme il s'agit d'une société financée par des fonds publics, il est normal que les élus, qui sont deux sur un C.A. de 15 membres, soient partie prenante aux débats et aux travaux.
Sherbrooke Innopole rend certes des comptes à la Ville et dépose un rapport annuel, mais aux yeux des contribuables ce sont les élus qui sont imputables.