La situation est évidemment frustrante pour les parents des élèves de la CSHC et de la CSRS qui devront faire le taxi et risquent fort de se retrouver coincés dans des bouchons de circulation aux abords des écoles.

En otage

La grève des chauffeurs d’autobus scolaire de la compagnie Transdev, prévue du 10 au 17 avril, placera en otage des milliers d’élèves de la Commission scolaire des Hauts-Cantons (CSHC) et de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), en plus de créer d’importants problèmes de circulation aux abords des écoles.

À défaut d’entente entre les deux parties d’ici mercredi, près de 16 000 élèves du primaire et du secondaire, dont 12 000 à la CSRS, seront privés de transport.

Et si la mésentente perdure, la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui représente les chauffeurs de Transdev, prévoit un autre débrayage du 7 au 14 mai prochain.

Les chauffeurs d’Autobus des Cantons, des Autobus B. Dion et d’Autobus Coaticook, qui sont toujours en négociation avec leurs employeurs, demeurent quant à eux au travail.

La CSN affirme avoir tout tenté pour arriver à un accord avec l’employeur et soutient même que les représentants de ce dernier n’ont pas de réel mandat ni d’offres à présenter.

La porte-parole de Transdev, Marie-Céline Bourgault, maintient pour sa part que des pourparlers sont toujours prévus et que des offres monétaires sont sur la table en vue d’éviter la grève.

« Il y a entente sur les clauses normatives, il reste le monétaire qui n’a pas été présenté; on a reçu le communiqué de la CSN avant (le syndicat a annoncé mardi dernier qu’il y aurait grève du 10 au 17 avril) », dit-elle.

La situation est évidemment frustrante pour les parents des élèves de la CSHC et de la CSRS qui devront faire le taxi et risquent fort de se retrouver coincés dans des bouchons de circulation aux abords des écoles, comme on l’a vu en mai dernier lors de la journée provinciale d’arrêt de travail des chauffeurs d’autobus qui réclamaient une bonification des enveloppes pour le transport scolaire.

À égard, la CSRS scolaire recommande fortement aux parents de faire de covoiturage.

La conjoncture est tout aussi choquante pour les directions des commissions scolaires.

Le secrétaire général de la CSRS, Donald Landry, souligne que celle-ci consacre près de 10 millions $ par année au transport scolaire et n’a pas de pouvoir d’intervention auprès des parties.

« Nous, on a négocié nos contrats; toutes les sommes prévues pour le transport scolaire sont allouées à cette fin », dit-il.

Ce n’est évidemment pas le rôle de La Tribune de s’immiscer dans ce conflit de travail, mais il est étonnant et décevant que les deux parties n’aient pu en arriver à un accord après des mois de négociations. 

Sans compter que les chauffeurs sont sans contrat de travail depuis juin 2018!

Après tout, le transport scolaire n’est pas loin d’être un service essentiel.

Ce débrayage de six jours soulève évidemment des questions sur les problèmes du transport scolaire dans la région, notamment sur le manque de main-d’œuvre et les conditions de travail des chauffeurs.

Denis Beaudin, président de la CSN-Estrie, soutient que les conditions salariales chez Transdev sont inférieures à celles offertes chez un autre transporteur scolaire (Autobus Ashby d’Ayer’s Cliff). 

De plus, affirme-t-il, un problème de rétention de la main-d’œuvre « en raison des conditions de travail peu avantageuses » engendre parfois des retards dans le transport des élèves et des difficultés pour la prise de congés et les absences pour maladie.

Les chauffeurs ont droit à des conditions de travail décentes et l’employeur a tout aussi le droit de défendre ses positions.

Mais ce dernier a également le devoir d’offrir un service adéquat qui, du reste, est payé par les fonds publics.

À quatre jours du déclenchement d’une grève qui serait catastrophique pour les élèves et les parents, les deux parties ont la responsabilité de tenter un ultime rapprochement pour éviter le pire.