Alain de LaFontaine

Embellir le monde par des spectacles

Déjà au cégep, Alain de LaFontaine organise des spectacles où Diane Dufresne et Pauline Julien viennent chanter. Après ses études en administration à l'Université de Sherbrooke, il travaille sur plusieurs projets culturels. Artisanat, tournées de chanson ou de théâtre. Puis en 1982, il cofonde le Loubards où il invite Richard Séguin, Lhassa, Pierre Flynn à se produire. C'est toujours dans le même esprit qu'il ouvre le Café de LaFontaine à North Hatley en 1996 où les Sylvain Lelièvre et les Louise Forestier de ce monde montent sur scène.
«Il y en a qui sont médecins. D'autres font des missions humanitaires à l'étranger. Moi, j'avais l'impression que ma mission était d'embellir le monde à travers des spectacles, des décors et des ambiances. Embellir le monde à la mesure de ce que je peux faire, bien sûr», révèle celui qui est directeur du Théâtre Granada depuis 2003. À ce titre, il a le défi de faire rayonner la culture dans un centre-ville.
En plus de diffuser une cinquantaine de spectacles annuellement, le Théâtre Granada chapeaute plusieurs événements culturels majeurs au centre-ville. Les Concerts de la cité qui présentent gratuitement 65 concerts extérieurs devant plus de 20 000 personnes sur une période de six semaines durant l'été. Le festival Sherblues & Folk qui propose, toujours gratuitement, plus de 30 spectacles d'artistes blues et folk de calibre national et international. Les spectacles de la Place Nikitotek où sont présentés, depuis 2012, musique symphonique et art du cirque.
Pour favoriser l'émergence en musique, le Théâtre Granada s'associe également au Boquébière et à la Petite boîte noire afin d'offrir des lieux favorisant le développement des artistes.
«Je suis un peu un chevalier de la culture et depuis que je suis en poste, j'essaie de rallier tous les éléments du milieu culturel sherbrookois», relate-t-il, ajoutant qu'un moment important de sa carrière, tel un couronnement, a été sa nomination à la direction du consortium du volet culturel des Jeux du Canada. À ce titre, M. de LaFontaine a coordonné toutes les activités culturelles durant les deux semaines des Jeux, incluant les cérémonies d'ouverture et de clôture ainsi que la dizaine de projets artistiques.
«Qu'on me confie cette tâche est, en quelque sorte, une belle reconnaissance de mes pairs. Ensemble, on a fait travailler les troupes de danse, de théâtre, les gens en art visuel. Le projet des Jeux a changé la relation entre les organismes ou diffuseurs culturels de la région. On peut demeurer en compétition sur certains points, mais on vise tous à mettre de l'avant l'art vivant et à positionner Sherbrooke comme une ville de spectacles en pleine effervescence», explique fièrement celui qui a le sentiment du devoir accompli.
Et des rêves, il en reste à réaliser? «À l'âge que j'ai, je suis plus dans la transmission des connaissances. Transmettre à mes enfants et aux autres aussi. Je fais exactement ce que je voulais faire quand j'étais jeune. Et je me trouve chanceux, car si j'étais dans une grande ville, je n'aurais peut-être pas toute la latitude que j'ai en ce moment», déclare l'amoureux de la culture qui voit en moyenne 150 spectacles par année.
Lorsqu'on lui demande s'il aurait aimé être sous les projecteurs plutôt que dans les coulisses du show-business, il répond : «Je me considère un peu comme un artiste, mais non, je n'ai jamais voulu être sur la scène. Lorsque les salles sont pleines, que les gens sont debout et applaudissent puis repartent avec des étoiles dans les yeux, c'est un sentiment d'accomplissement à chaque fois de savoir qu'on est derrière cela. C'est mon salaire.»