Donald Trump

Double rebuffade

ÉDITORIAL / Un an, jour pour jour, après son élection à la présidence des États-Unis, Donald Trump a subi une double rebuffade mardi lors des élections de mi-mandat au New Jersey et en Virginie, avec la victoire de deux démocrates à des postes de gouverneur contre des adversaires républicains.

Ce n’est évidemment pas le début de la fin du «Trumpisme», mais cela peut certainement être vu comme un rejet des politiques de divisions et du style de leadership de l’homme fort de la Maison-Blanche.

Même certains républicains reconnaissent que l’impopularité grandissante du président (son taux d’approbation n’est que de 37 pour cent) représente un problème pour le Parti républicain dans les États-clés, particulièrement dans les centres urbains, et voient dans ces résultats une répudiation de leur parti.      

Les démocrates, relégués dans l’opposition depuis la défaite d’Hillary Clinton l’an dernier, ont aussi remporté plusieurs élections locales, notamment en Caroline du Nord, au New Hampshire et dans l’État de Washington.

L’élection des démocrates Phil Murphy, au poste de gouverneur du New Jersey, et de Ralph Northam en Virginie, lors des premières élections générales dans deux États depuis la victoire des républicains, envoie à tout le moins un message au président Tump si, évidemment, il veut bien l’entendre.

La victoire éclatante de M. Murphy contre la candidate républicaine Kim Guadagno, qui a vainement tenté de se distancier du grossier et impopulaire Chris Christie, qui ne pouvait se représenter après deux mandats, traduit selon plusieurs analystes un ras-le-bol des électeurs modérés devant les discours républicains liant l’immigration à la criminalité ou leur opposition au déboulonnage des monuments confédérés.

Un scénario semblable s’est produit en Virginie où Ralph Northam a délogé Ed Gillespie, un républicain à la longue feuille de route.

S’ils ont épousé les tactiques de leur président, avec des campagnes de publicité accusant leurs adversaires démocrates de manquer de détermination dans la lutte à l’immigration illégale, Kim Guadagno et Ed Gillespie ont gardé leur distance d’avec Donald Trump, qui a d’ailleurs brillé par son absence durant leur campagne.

Il ne faut évidemment rien présumer de l’impact de ces résultats, mais un vent de changement commerce-t-il à souffler, du moins dans certaines régions des États-Unis?

Après un an de gouvernance de Donald Trump, caractérisée par la vulgarité, l’intolérance, les «faits alternatifs» et des déclarations irresponsables, en particulier contre la Corée du Nord, même certains républicains expriment leur mécontentement.  

Outre la victoire de MM. Murphy et Northam, les élections locales de mercredi ont été marquées par d’autres revirements importants, notamment avec l’élection à la Chambre des délégués de la Virginie de la démocrate Danica Roem, une personne transgenre qui a battu le républicain Bob Marshall, ouvertement homophobe.

De même, Chris Hurst, un ancien présentateur de la télé dont la conjointe avait été abattue en plein plateau de télévision, il a deux ans, a défait un titulaire en exercice à la Chambre des délégués de la Virginie qui avait l’appui de la National Rifle Association, une victoire survenue deux jours après la tuerie dans une église du Texas qui a fait 26 morts.

À la suite de ces victoires démocrates, d’autres républicains seront-ils tentés d’imiter les sénateurs Bob Corker (Tennessee) et Jeff Flake (Arizona) qui ont dénoncé de façon virulente leur président, l’accusant d’être indigne de diriger le pays, d’avoir un «problème» avec la vérité et de détruire les relations des États-Unis avec le reste du monde?    

Cela reste à voir, car pour l’heure et malgré ses déboires, le président Trump est encore très populaire chez les électeurs du parti républicain.