Les soins à domicile devraient faire partie de ces services essentiels. Ils constituent de loin la meilleure option pour assurer une qualité de vie aux aînés.

Digne de ses aînés

Moins d’un résident sur dix en centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) en Estrie profite d’un deuxième bain par semaine, titrait Radio-Canada la semaine dernière.

Cette situation inacceptable donne du poids aux revendications déposées récemment par des représentants d’associations réunissant plus de 700 000 aînés. Ceux-ci ont bien l’intention de se faire entendre par les différentes formations politiques qui tenteront de séduire les électeurs le 1er octobre prochain.

Cette démarche arrive à point et les partis politiques ont tout intérêt à tendre l’oreille et à tenir compte de ces demandes dans l’élaboration de leur prochaine plateforme électorale.

Le document « Pour un Québec digne de ses aînés » contient 16 demandes, dont quelques-unes concernent les soins et les services à domicile et en CHSLD. Afin de briser l’isolement des aînés, un véritable fléau à une époque prétendument de communications, les associations réclament entre autres le stationnement gratuit pour les visiteurs dans les CHSLD. Voilà une demande simple et sans impact financier majeur. Confinés trop souvent à leur chambre, les résidents ne reçoivent malheureusement que trop peu de visites. Alors il faut tout faire pour encourager leurs parents et amis à les visiter, ne serait-ce qu’en offrant le stationnement gratuit.

« On ne demande pas la lune, mais uniquement des gestes concrets qui feront une différence réelle, en particulier pour les personnes âgées les plus vulnérables », déclarait Maurice Dupont, président du réseau FADOQ. Bien dit!

Les associations suggèrent également la création d’un fonds protégé imputé aux soins à domicile. De cette façon, elles obtiendront la garantie que les sommes seront bel et bien attribuées à chaque personne et que le financement se traduira en services aux patients. En somme, ce fonds placera les soins à domicile à l’abri des gouvernements sans scrupules qui au nom de l’équilibre budgétaire, n’hésitent pas à sabrer dans les services essentiels.

Les soins à domicile devraient faire partie de ces services essentiels. Ils constituent de loin la meilleure option pour assurer une qualité de vie aux aînés. Moins coûteux qu’une place en CHSLD, ils permettent aux bénéficiaires de conserver leur environnement où ils peuvent, si cela leur chante, prendre un bain chaque jour. J’aimerais bien voir la tête d’un ministre à qui l’on interdirait de prendre plus d’un bain par semaine en raison de ses mesures d’austérité.

Selon Radio-Canada Estrie, à peine une centaine des 1300 résidents dans l’un des 26 CHSLD du territoire du CIUSSS de l’Estrie-CHUS ont accès à un deuxième bain chaque semaine. Le ratio s’établit ainsi à 7,69 %, à des années-lumière de la moyenne provinciale de 49 %! Selon la direction, la machine interne devrait permettre d’ajouter 23 préposés d’ici décembre prochain. Misère!

Le comité des usagers des CLSC et CHSLD de Sherbrooke remet même en doute la capacité du CIUSSS d’atteindre son objectif. Parfois, note avec justesse la présidente, Nicole Chiasson, ils n’arrivent pas à lever des résidents au cours d’une journée.

La semaine dernière, Alexandre Cloutier, jeune député du Lac-Saint-Jean, a déposé un projet de loi pour interdire aux futurs ministres de l’Éducation de dépenser moins que les coûts de système. Pour réduire les dépenses sans couper les services, un ministre aurait dorénavant à se justifier devant l’Assemblée nationale. Les soins et services de santé à domicile et en CHSLD pourraient aussi profiter avantageusement de ce genre de bouclier. Aux aînés de le réclamer avant d’accorder leur vote le 1er octobre prochain.