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Bernard Beaupré
Bernard Beaupré

Développement de services de garde : puni pour excès de vitesse

Point de vue
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La Tribune
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En 35 ans, Le Bilboquet s’est développé à une vitesse grand V afin de répondre à des demandes clairement identifiées dans le milieu dont la réponse à des besoins de garde atypique à temps partiel et l’accueil d’enfants à besoins particuliers. Il est passé de Jardin d’enfants à Centre préscolaire, à CPE et finalement à un projet d’intercoopération CPE-CFCoop. De 4 employés à plus de 40, de services de garde éducatif de qualité à une vingtaine de familles à plus de 300 hebdomadairement, avec un membership dépassant les 800 membres en 2017 (incluant le CFCoop) et l’accueil de plus de 300 enfants à besoins particuliers en 35 ans, sans oublier la période de CPE diversifié (partenariat avec services de garde en milieu familial), voilà un petit résumé de l’évolution du Bilboquet de 1982 à 2017.

Tout ce cheminement ne s’est pas fait sans difficultés. À plusieurs reprises, nous nous sommes heurtés à de la bureaucratie toujours plus lourde. Même si l’aspect autonome de nos entreprises étaient reconnu en théorie, en pratique il en était tout autre. À titre d’exemple, nous nous sommes fait taper sur les doigts pour avoir mené un projet d’agrandissement permettant l’accueil d’enfants de 2 ans après avoir obtenu l’augmentation de places au permis en ce sens. Réprimandés parce que nous nous sommes organisés, sans interventions gouvernementales, pour obtenir le financement nécessaire. Même si les résultats en qualité de services et en consolidation d’emplois furent des plus concluant et même si le projet a été réalisé en un temps record, on m’a fait comprendre que j’avais erré à titre de dirigeant.

Je pourrais vous parler de la saga de la mise sur pied du complexe familial coopératif (CFCoop) où création d’emplois et réponses aux besoins des familles étaient au rendez-vous. Un projet de développement et d’intercoopération qui aurait mérité plus de soutien mais qui a été freiné parce qu’il était hors normes pour le MFA. Une entreprise d’économie sociale, une coopérative qui a obtenu la Distinction Innovation au Mérite Coopératif 2017, un pôle multiservices pour les familles intégrant des services de garde de pointe qui a été freinée par le ministère de la famille. Ce qui me console c’est que j’ai appris dernièrement, que les investissements pour le CFCoop serviront pour un projet de développement qui prendra évidemment beaucoup plus de temps.

Même si on a trouvé une façon de me disqualifier, je suis toujours convaincu que les entreprises coopératives voire d’intercoopération et d’économie sociale demandent d’être considérées à leur juste valeur. Jean-Martin Aussant vient justement d’avoir une intervention en ce sens lors de l’émission Zone Économie en préparation du Budget du Québec.

Cela dit, en tant que principal fondateur et dirigeant du Bilboquet, je vis ma vie de retraité avec un bon capital de satisfaction pour toutes les familles (plus de 3 000) que nous avons aidées et toutes les personnes qui ont trouvé un sens à leur vie professionnelle en petite enfance. Je passe maintenant le flambeau ! Deux images résument bien mon rôle de leader : le principe de la bicyclette «avancer pour ne pas tomber» et le chandail qu’on m’a donné avec le message «attachez moi quelqu’un».

Dans la saga du manque criant de développement de services de garde, j’encourage les promoteurs à ne pas lâcher le morceau surtout avec les «promesses» de rendre le tout moins compliqué, car il n’y a rien de plus satisfaisant que le sourire des enfants !

Bernard Beaupré – enfantologue
Membre de l’ordre du mérite coopératif
Récipiendaire du Prix pour le bénévolat Dollard- Morin 2013