Denis Pellerin, Steve Lussier, Hélène Pigot, Patrick Tétreault et Bernard Sévigny.

Deux grandes visions

ÉDITORIAL / Les cinq candidats à la mairie de Sherbrooke n’ont pas tous la même vision au sujet du projet de quartier des affaires Well Inc., d’une desserte commerciale à l’aéroport régional et du transport durable, mais ils s’entendent presque tous sur une chose : les taxes municipales vont continuer d’augmenter au cours des prochaines années.

À l’exception du candidat indépendant Steve Lussier, qui propose un gel durant la première année de son mandat, ses adversaires estiment que le compte de taxes devra au moins suivre l’indice des prix à consommation l’an prochain et les années subséquentes. Mais tous appellent à un meilleur contrôle de dépenses.  

Les taxes municipales ont augmenté de façon importante depuis 2010 à Sherbrooke (8,4 pour cent durant le premier mandat du maire Bernard Sévigny et 9,9 pour cent durant le second) et il faut que ce rythme diminue : les Sherbrookois se demandent quand tout cela va arrêter et veulent un répit.

Les hausses de rémunération des employés municipaux et le renflouement des caisses de retraite, notamment, pèsent évidemment très lourd dans la facture refilée aux contribuables, mais il est difficile de comprendre pourquoi, malgré des réductions de dépenses de près de 11 millions $ ces dernières années et les revenus d’Hydro-Sherbrooke (20 millions $ dans le budget municipal), Sherbrooke soit incapable de contenir les hausses de taxes.

Avec cinq candidats à la mairie, les Sherbrookois veulent entendre des propositions pour attaquer ce problème et il va sans dire que le maire Bernard Sévigny et son parti, le Renouveau Sherbrookois, sont sur la défensive.

Une rencontre éditoriale organisée hier par La Tribune a permis aux candidats de se prononcer sur plusieurs autres enjeux, dont le projet Well Inc. et l’aéroport, mais aussi de dégager deux grandes visions pour l’avenir de Sherbrooke, avec des variantes selon les candidats.

La première, axée surtout sur l’économie et l’emploi, est principalement défendue par les candidats indépendants Denis Pellerin et Steve Lussier, de même que par le maire sortant, Bernard Sévigny, et la seconde, prônée par la candidate de Sherbrooke citoyen, Hélène Pigot, est très orientée sur la qualité de vie, la participation citoyenne, le transport en commun et le commerce de proximité.

Patrick Tétreault, qui est souvent revenu sur sa proposition fort originale de confier graduellement le pouvoir politique aux citoyens, n’a pas véritablement pris part aux débats.

Et comme il fallait s’y attendre, ce sont les projets Well Inc. et de liaison aérienne commerciale à l’aéroport régional qui ont donné lieu à de vifs échanges.

Les candidats Lussier, Pellerin et Pigot se sont vigoureusement opposés au projet de développement de l’aéroport, estimant que ce n’est pas une priorité, que c’est trop coûteux et qu’il n’a pas été démontré qu’un nombre suffisant de passagers pourrait le rendre viable.

Le maire sortant se retrouve donc isolé sur ce projet, une priorité de son administration qui, malgré bien des efforts, n’a jamais pu décoller.

Mais c’est Well Inc. qui a véritablement mis le feu aux poudres, bien que les échanges se soient faits dans le respect.

Si Steve Lussier et Denis Pellerin ont reproché à l’administration actuelle de ne pas avoir de plan d’affaires, Hélène Pigot juge que l’architecture de Well Inc. relève du passé, « une autre Place de la cité », selon elle, en plus de faire une trop grande place à l’automobile.

Mais, étonnamment, Bernard Sévigny n’a pu préciser si le montant de 50 millions $ pour la construction de deux immeubles et d’une place publique comprend ou non le coût d’un stationnement de 15 à 20 millions que le consortium doit revendre à la Ville, alors que Well Inc. est son projet prioritaire... du gâteau pour ses adversaires!