Destination Sherbrooke: y a-t-il un pilote dans l'avion?

Il y a quatre ans, sous l'impulsion du maire Bernard Sévigny, l'organisme Destination Sherbrooke a été créé afin de regrouper CHARMES, Cité des rivières, le Centre de foire et Tourisme Sherbrooke.
La centralisation de ces organismes en un seul avait pour but de réduire les coûts d'opération et de faire éclater le travail en « silos » afin de maximiser la promotion de Sherbrooke sur le plan touristique.
À priori, il s'agissait là d'une bonne idée, mais, comme le dit le vieux proverbe, l'enfer est souvent pavé de bonnes intentions. Avec la démission de trois membres du conseil d'administration, rien ne va plus à Destination Sherbrooke.
Contrairement à ce qu'a prétendu son président, Rémy Demers, pour sauver les apparences, l'organisme vit effectivement une crise. Mais cette crise en est une d'orientation.
Depuis quatre ans, cet organisme tire dans toutes les directions sans atteindre aucune cible. Les spectacles au centre-ville, le Centre de foire, le Marché de la gare n'apportent pas les résultats escomptés. Certes, on nous bassine avec des retombées économiques prétendues qui seraient de l'ordre de 220 millions $; mais, en attendant, cela n'empêche pas le centre-ville de décliner et le commerce de stagner.
Et là, comble du ridicule, des acteurs du milieu touristique viennent nous dire qu'il est impératif de connaître les attraits et les produits touristiques de Sherbrooke. En fait (...) ils nous disent que les dirigeants de Destination Sherbrooke, qui bénéficient pourtant de plusieurs millions $ afin de faire la promotion de Sherbrooke, ne savent même pas ce qui est susceptible d'attirer les touristes dans notre ville.
Comme vous tous, je devrais être sidéré par ces révélations, mais pour ceux qui suivent assidûment les activités du conseil municipal, il n'y a là rien de surprenant. La stratégie des produits d'appel au centre-ville, soit les spectacles Omaterra, Les 7 doigts de la main et le dernier en date, De Willie à Dolly, nous prouvent que les dirigeants de cet organisme jouent d'expédients afin de rentabiliser la coûteuse et déficitaire place Nikitotek.
Somme toute, à la lumière de ces informations, je manque de mots pour exprimer mon désarroi et ma frustration devant la bêtise et l'incompétence de ces gens. Il est temps de faire le ménage; il est temps de mettre un vrai pilote dans l'avion.
Pascal Cyr
Sherbrooke