Destination Sherbrooke: la réponse du pilote

Depuis sa création en 2011, Destination Sherbrooke est fréquemment l'objet de récriminations. Pour une organisation parapublique, ces critiques sont légitimes; il faut s'attendre à ce que le public s'interroge sur nos orientations et qu'il nous demande d'en faire le plus possible avec l'argent alloué.
Mais je ne peux rester muet quand des personnes dénoncent à tort, en parlant des employés de Destination Sherbrooke, la «bêtise et l'incompétence de ces gens». D'abord parce que «ces gens», ce sont des hommes et femmes qui oeuvrent quotidiennement à la promotion et au développement de notre ville, qu'ils effectuent leur travail avec dévouement et passion et parce que leurs efforts enrichissent notre communauté, bilans annuels à l'appui.
En effet, l'industrie du tourisme sherbrookois a permis, en 2011 (plus récentes données disponibles), d'alimenter 4436 emplois et de générer des retombées de 222 M$. Ces chiffres ne sont pas des «retombées économiques prétendues», ils sont issus du rapport de Statistiques Canada, le point de référence de toute l'industrie touristique québécoise.
À la lumière de ceux-ci, difficile de nier que le tourisme soit un moteur économique important et essentiel à notre région. Peut-on s'améliorer, innover et améliorer l'offre sherbrookoise? Bien sûr. Mais il faut aussi constater que les actions mises en place par Destination Sherbrooke n'ont rien des échecs retentissants que certains se plaisent à décrier.
Prenons la place Nikitotek, souvent prise à partie comme paria du tourisme sherbrookois. Au cours des quatre dernières années, 50 000 personnes ont assisté aux spectacles présentés sur la scène extérieure, dont près de la moitié venaient de l'extérieur de la ville entrainant des retombées directes de 4,6 M$. Dans ce contexte, comment parler d'échec?
Idem pour le Centre de foires, qui ne cesse d'accroître son achalandage depuis son ouverture en 2011 et qui a dégagé des revenus de l'ordre de 100 000 $ en 2013. Encore une fois, comment affirmer sérieusement que cette infrastructure ne donne pas les résultats escomptés?
On a récemment remis en question le caractère attractif de Sherbrooke comme destination en tourisme d'affaires. De telles affirmations reflètent une incompréhension totale de la réalité de ce secteur qui a enregistré 12 490 participants en 2013 pour des retombées de 2 888 610 $.
Sherbrooke est une ville magnifique. Les visiteurs qui y séjournent vous le diront tout comme les quelques milliers de travailleurs de cette industrie dynamique, mais fragile, qui a à composer avec de multiples aléas. Elle doit en revanche pouvoir compter sur l'appui de l'ensemble de son milieu pour se tailler une place dans le grand échiquier de ce qui est l'une des plus importantes industries mondiales.
En plus d'être financiers, ces appuis doivent aussi se traduire par des commentaires constructifs et un désir de se tirer ensemble vers le haut, pas vers le bas. Car c'est ensemble, et non dans la division, que nous réussirons à nous enrichir collectivement et à faire rayonner Sherbrooke au plan touristique.
Rémi Demers
Président de Destination Sherbrooke