Les gens de la région connaissent La Maison Aube-Lumière, une maison de soins palliatifs qui accueille gratuitement les personnes atteintes de cancer en phase avancée.

Des soins extraordinaires pour une fin de vie unique

J’ai la chance, depuis peu, d’être le directeur général de La Maison Aube-Lumière — avec bonheur et fierté! Laissez-moi vous partager ce que j’y ai découvert depuis quelques semaines…

Les gens de la région connaissent La Maison Aube-Lumière, une maison de soins palliatifs qui accueille gratuitement les personnes atteintes de cancer en phase avancée. Ça, la majorité des gens le savent. Mais je ne suis pas certain que tout le monde connaît la grande richesse de La Maison : son personnel régulier. Composé de 40 employés et de quelque 200 bénévoles au fonctionnement, ce personnel extraordinaire excelle, année après année, à prodiguer des soins de grande qualité, mais aussi un support exceptionnel aux patients et aux familles touchées par une perte imminente.   

Cette semaine, la direction et le CA de La Maison souhaitent souligner, via sa Semaine de la reconnaissance, le travail exemplaire de son personnel salarié ou bénévole, et le remercier sincèrement. Ces personnes sont vraiment des gens de cœur.

Afin de vous illustrer l’importance de leur travail d’équipe, je vous transmets une petite histoire fictive qui aurait bien pu arriver à notre Maison :

Il était une fois deux frères, appelés Dollard et Gratos. Dollard était l’enfant biologique de ses parents, alors que Gratos avait été adopté. Les deux frères travaillaient, depuis quelques années, dans une Maison de soins palliatifs de leur région. Dollard était employé, alors que Gratos était bénévole. Tous deux aimaient leur travail et donnaient tout leur cœur, tout leur corps et toute leur âme pour assister les patients frêles et vulnérables qu’ils soutenaient de leur mieux. 

Leurs parents étaient bien fiers de leurs deux fils et les aimaient autant l’un que l’autre. Ils savaient que Dollard gagnait plus de sous que son frère Gratos, mais qu’il se mettait tout de même au service des autres avec un doux sourire, qu’il donnait à tout un chacun. D’autre part, les parents savaient que leur second fils, Gratos, avait un cœur grand comme le ciel et faisait de son mieux, tous les jours, en donnant pour donner, tout simplement. Les parents remerciaient le ciel de leur avoir donné deux enfants dont ils pouvaient être si fiers. 

Un jour de tempête de neige, Dollard et Gratos étaient au travail. Ce matin-là, ils avaient quitté leur domicile tout chaud, dans un grand vent hivernal, avaient dégelé leur véhicule, et avaient bravé les giboulées et la glace noire pour aller soigner leurs patients. C’était déjà un exploit. Ce jour-là, une gentille patiente, du nom de Madame Blanche, était bien mal en point. Sa respiration était difficile, ses membres ne répondaient plus comme elle le souhaitait et elle sentait une grande lassitude s’emparer de tout son être.   

Dollard, qui assurait le soutien médical de Madame Blanche passa la voir. En la voyant, un peu recroquevillée dans son grand lit, il constata que la pauvre dame approchait le bout de sa route. Il prit un moment pour s’asseoir près d’elle, lui prendre la main et lui dire : « Ne vous en faites pas, Madame Blanche. Je serai avec vous jusqu’à la fin : nous ferons le maximum pour que vous ne sentiez plus le mal, pour qu’il s’envole bien avant vous, pour vous laisser un moment de répit avant votre grand voyage ». « Merci » de dire faiblement la bonne dame, « vous me faites du bien, vous ». Dollard sourit, ajusta le dosage de la médication et laissa Madame Blanche se reposer. 

Un peu plus tard dans la journée, Gratos entra doucement dans la chambre de Madame Blanche, un cabaret garni de nourriture chaude entre les mains. Il aida la frêle dame à s’asseoir, puis doucement, il l’aida à se nourrir. Par toutes petites bouchées. Comme on le fait pour un tout jeune enfant. Au bout d’un moment, il prit la main de Madame Blanche et lui dit : « je suis heureux d’être là pour vous. Ne vous en faites pas et prenez votre temps : je ne voudrais pas être ailleurs ». « Merci », de dire la bonne dame, « vous me faites du bien, vous ». Gratos sourit, essuya le visage et les mains de Madame Blanche et la laissa se reposer.   

Un peu plus tard, Madame Blanche se redressa un peu dans son lit : elle regarda les deux frères, toujours à son chevet, et leur dit : « Vous deux, vous n’avez jamais lâché ma main. Là, j’aurai besoin de les avoir toutes les deux pour vous dire ce que j’ai à vous dire. »  Doucement, Madame Blanche retira ses mains d’être celles des deux frères, les approcha et se mit à applaudir. « Vous voyez », dit-elle, j’ai besoin autant de mes deux mains pour vous applaudir… comme j’ai besoin autant de vous deux pour m’apaiser. Merci à vous deux. Et la vieille dame ferma les yeux et s’assoupit. Les deux frères, fiers de leur coup, se sourirent. 

Quelques jours plus tard, Madame Blanche ferma les yeux pour toujours. 

La morale de cette histoire : Pour faire le bien d’un patient chez nous, employés et bénévoles doivent travailler ensemble : l’un sans l’autre n’aurait jamais pu justifier ou permettre ces applaudissements. C’est ce que je souhaite faire aujourd’hui : leur dire un grand MERCI! Leur témoigner toute notre appréciation et notre respect pour les accompagnements qu’ils offrent, le cœur sur la main. À l’image de Dollard et de Gratos, nos employés et nos bénévoles nous rendent tout aussi fiers et reconnaissants pour tous ces gestes, rémunérés ou pas, qu’ils posent pour accompagner nos patients à ce moment particulier et unique de leur existence. 

Au nom du conseil d’administration et de l’équipe de direction de La Maison, je joins mes deux mains pour les applaudir bien fort et leur dire… merci! 

Christian Gagnon 

Directeur général La Maison Aube-Lumière