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Des retraités des six quotidiens du Groupe Capitales Médias ont manifesté devant les bureaux  de Power Corporation à Montréal en décembre 2019.
Des retraités des six quotidiens du Groupe Capitales Médias ont manifesté devant les bureaux  de Power Corporation à Montréal en décembre 2019.

Des retraités en colère face au gouvernement Legault

Collectif
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POINT DE VUE / Des centaines de retraités du défunt Groupe Capitales Médias sont très en colère face au gouvernement Legault. Ils réalisent en effet que le chef de l’État ainsi que ses ministres économiques ne manifestent aucune sensibilité à leur endroit alors qu’ils se plient aux caprices des hauts dirigeants d’Investissement Québec ou encore à la demande de financement d’un multimillionnaire de la famille Desmarais!

Cette colère est d’autant plus ressentie par 800 d’entre eux qu’ils subissent des coupes de leurs rentes de l’ordre de 26 à 29% depuis plus d’un an et que plusieurs perdront encore davantage avec l’acquittement de leurs droits causé par la terminaison de leur régime de retraite à prestations déterminées.

Les choix de placements auxquels ils sont confrontés actuellement leur font réaliser l’ampleur de l’injustice subie alors que leurs rentes de retraite – du salaire différé faut-il le rappeler – ne sont nullement protégées, contrairement à l’Ontario.

Ainsi, à titre d’exemple, la plupart des retraités du journal Le Droit ainsi que les ex-employés du bureau du Soleil à Ottawa n’ont subi que peu, sinon pas de pertes... tout simplement parce qu’ils ont œuvré de l’autre côté de la rivière des Outaouais!

Le prêt récent d’une cinquantaine de millions de dollars à un membre de la richissime famille Desmarais, assortie d’une remise d’intérêts d’une valeur de six millions$, ainsi que les généreuses primes qui seront consenties à sept hauts dirigeants d’Investissement Québec - qui verront leur salaire augmenter de 50%, voire même du double selon leur statut s’ils rencontrent leurs objectifs - mettent en évidence le peu de sens d’équité du gouvernement.

Selon la Fédération canadienne des retraités, ce sont plus de 4000 retraités québécois qui ont ainsi été pénalisés depuis trois ans seulement, soit ceux de Sears, du Groupe Capitales Médias et de Meubles Idéal de Saint-Charles de Bellechasse, sans compter 5700 autres retraités de Papiers White Birch, Papier Fraser, Mabe et de la Minière Cliffs depuis dix ans!

En mai 2020, la Cour d’appel dans le dossier des retraités de Papiers White Birch avait pourtant interpellé le gouvernement qui, seul, avait le pouvoir de corriger cette iniquité, mais l’État continue de faire la sourde oreille quand il s’agit des droits des retraités.

«Mais, au regard des conséquences importantes sur la vie des salariés retraités qu’entraîne une capitalisation insuffisante de ces régimes en cas de déconfiture de l’employeur, on ne peut que souhaiter la mise en place de mesures contraignantes aux fins de protéger la pérennité de ces régimes. Je n’en dis pas davantage, bien conscient des prérogatives exclusives du législateur en ce domaine», avait écrit le juge Guy Gagnon.

Dans le cas des retraités des journaux Le Soleil, Le Quotidien, Le Nouvelliste, La Tribune et La Voix de l’Est, le prêt consenti au fils de Paul Desmarais Jr est d’autant plus ironique que le gouvernement Legault avait refusé d’appuyer une motion présentée par les partis d’opposition à l’Assemblée nationale pour demander à Power Corporation, par sa filiale Gesca, de se porter garant du fonds de pension de ses anciens journaux tout comme il l’avait fait pour le journal La Presse.

Le gouvernement québécois n’est pas blanc comme neige non plus dans ce dossier. En effet, par le biais de Retraite Québec (anciennement la Régie des Rentes), l’État ne s’est pas opposé au groupe formé par Martin Cauchon qui se portait acquéreur des journaux de Gesca, filiale de Power Corporation, alors qu’il était évident que ce dernier n’avait pas les moyens d’assumer le manque de solvabilité du régime, un manque qui était déjà estimé à plus de 50 millions$ en 2015!

Pour éviter d’autres situations similaires, nous demandons au gouvernement Legault de faire en sorte que les engagements pris par nos employeurs de nous garantir une pension pour le reste de nos vies soient protégés par une assurance-pension similaire à ce qui est établi en Ontario. Il ne faudrait peut-être pas oublier que, comme employés maintenant retraités, nous avons contribué à la construction du Québec d’aujourd’hui. Une pétition de plus de 10 000 noms appuyait d’ailleurs cette revendication sur le site de l’Assemblée nationale.


Robert Fleury, président, Association des employés syndiqués retraités du journal Le Soleil

Serge Lemelin, président, Association des retraités du journal Le Quotidien

Pierre Carrier, président, Association des retraités du journal Le Nouvelliste

Jeannot Bernier, président, Association des employés retraités du journal La Tribune

Louis Lapierre, président, Association des employés retraités de La Voix de l’Est

Jean-Paul Joanisse, trésorier et chargé de projet RAPQ, Fédération canadienne des retraités

Gilles Bédard, président, Regroupement des employés retraités White-Birch Stadacona

Claude Sénéchal, représentant, Associations des retraités de Sears Canada (SCRG)