Des leçons à tirer de la course de Formule E

Même si la course de voitures électriques Formule E. a eu lieu à Montréal, le week-end dernier, il y a lieu d'en tirer des leçons au plan municipal et environnemental.
Les automobiles de la FE n'ont pas émis les vrombissements habituels dans les rues de Montréal. Ils se sont même faits silencieux. Même les vrais amateurs de courses de voitures à essence Formule 1 ne se sont pas émus tant la nostalgie du bruit infernal leur manquait. On convient qu'ils ne sont pas venus en grand nombre. Bien normal!
Première course de FE à Montréal, le «spectacle» n'a pas attiré beaucoup de spectateurs, il est vrai. Mais, ô surprise, il a toutefois fait d'innombrables «victimes» qui ont subi des traumatismes corolaires... Je parle des citoyens montréalais, aussi bien du Grand Montréal que ceux du voisinage limitrophe du parcours. On n'avait point pris soin du bien-être des automobilistes ni des résidents du voisinage, se souciant plus de l'image du spectacle que celui de citoyens soudain enclavés.
D'une part, les automobilistes de la métropole ont vécu des problèmes de congestion indigestes durant une dizaine de jours précédant la course pour la mise en place des infrastructures. Le spectacle étant maintenant terminé, il faut bien sûr compter un autre intermède pour «déconstruire» le tout. Autres congestions automobiles en vue, bien évidemment.
De leur côté, les résidents de la zone de course se sont retrouvés enclavés, voire pris en otages et emprisonnés dans ce «cerceau», incapables de sortir ou de revenir à leur domicile, faute d'indications claires.
Désorganisation en dehors, confusion à l'intérieur. À qui la faute? Étonnant paradoxe chez les organisateurs et le maire de Montréal, Denis Coderre, qui prétendaient pourtant susciter par là un attrait majeur pour l'auto électrique. Imaginez la fabulation de leur vision à court terme: pour encourager l'auto électrique on bloque toute circulation normale sur un parcours de deux kilomètres en plein dans un centre-ville déjà congestionné, détournant la circulation sur des voies rétrécies et encombrées quotidiennement. Bref, on a créé des attentes, des bouchons et des délais du côté des voitures à essence pour amorcer une tendance vers les véhicules électriques! Belle contradiction, on en conviendra.
Mais où sont les décideurs visionnaires, méthodiques, voire pédagogues dans leurs prises de décisions et démarches? Pour le moment, il faut croire que le maire Coderre n'est pas de ceux-là. En tout cas, pas encore! Peut-on espérer?
Yvon Côté, Sherbrooke