Déplacer les élèves de Bury à Scotstown?

Dans La Tribune du 19 janvier, un groupe de parents de Bury s’inquiète des conséquences du transfert d’une soixantaine d’élèves vers l’école St-Paul de Scotstown.

Parmi les principaux griefs exprimés, on note qu’il est plus facile et naturel pour les résidents de Bury d’aller vers East Angus plutôt que vers Scotstown (située « dans le sens inverse de nos vies »).

J’aimerais réfléchir sur le « sens de nos vies » qui est en train de vider inexorablement nos régions en faveur des grands centres : il est plus naturel d’aller vers East Angus, puis vers Sherbrooke, puis vers Montréal; le « sens de nos vies » nous amène bien rarement vers Lac-Mégantic.

Or c’est précisément de cela qu’il s’agit. Voulons-nous occuper notre territoire québécois, et d’une manière bien vivante plutôt que survivante? Si oui, nous n’aurons d’autre choix que d’accepter d’aller « dans le sens inverse de nos vies ». Tout l’Est du Haut-Saint-François, y compris Bury, est plus pauvre et dévitalisé que sa région ouest, plus proche de Sherbrooke. Si nous voulons développer Bury, Lingwick ou Scotstown, il va falloir nous relever les manches et nous donner ensemble les services dont nous avons besoin (y compris nos écoles) plutôt que de continuer de nous laisser aspirer par la force d’attraction des villes plus importantes.

Je serais mal placé pour vanter la qualité de l’enseignement que recevront les enfants de Bury s’ils sont transférés vers Scotstown : les parents de Bury en seront les meilleurs juges, et je ne crains aucunement leur jugement!

Mais ce que je peux affirmer sans hésitation, c’est que pour Scotstown, l’apport d’une soixantaine de nouveaux élèves francophones en provenance de Bury sera une contribution importante et très souhaitable pour dynamiser non seulement notre municipalité mais également pour renforcer l’est du Haut-Saint-François.

Ce choix d’une nouvelle école pour de nombreux enfants de Bury, imposé par l’augmentation du nombre d’élèves dans la région, peut être l’occasion d’une prise de conscience : si nous voulons garder nos municipalités ouvertes et nos régions vivantes, nous devons y contribuer par nos choix. Je vous en remercie à l’avance.

Dominique Boisvert, maire de Scotstown