Denis Coderre

Denis Coderre et son désir d'attention

Apparition surprise en pape à l'occasion d'une pièce de théâtre, contribution impulsive à son compte Twitter, deux « spectacles » télévisuels à venir, la surexposition du maire de Montréal se poursuit.
Au grand plaisir du principal intéressé. Que ce spectacle incessant puisse friser le ridicule de même que le pathétique aux yeux de plusieurs citoyens, cela ne semble pas lui poser problème. Que sa fonction et ses responsabilités supposent une certaine retenue et inspirent une prestance, il en a cure, semble-t-il.
Que le premier magistrat de la métropole québécoise ait décidé de répondre aux questions des téléspectateurs à LCN ou d'apparaitre dans un sketch d'humour, là n'est pas le problème, des antécédents existent. Tout est dans la manière de le faire, d'occuper la sphère médiatique et de l'alimenter. Malheureusement, la plupart du temps, Coderre fait l'amuseur public. Il préfère les bouffonneries aux débats d'idées, l'insignifiant populisme à l'audace politique. Adorant se donner en spectacle, il incarne le parfait showman des temps modernes. Il fait dans la « politique pop-corn » comme maitre Anne-France Goldwater s'adonne au « droit pop-corn ». Même le maire Labeaume est plus mesuré que lui, c'est dire!
S'il prétendra être à l'écoute de ses concitoyens et tendre vers la démocratie participative à LCN - le choix n'est pas fortuit -, on peut craindre que ses futures interventions ne continuent à verser dans le sensationnalisme et le calcul politique.
On dira bien sûr que c'est son trait de caractère et son sens de l'humour qui s'expriment, fort bien!, mais lorsque le maire apparait comme un éternel adolescent en manque d'attention, on peut se questionner sérieusement sur l'intérêt de la démarche qui, au final, ne semble nourrir qu'un égo démesuré et qui nous fait presque douter de sa capacité à accomplir dûment son mandat d'homme d'État.
Étienne Boudou-Laforce
Sherbrooke