D’autres options que le lait

Dans La Tribune du samedi 5 janvier dernier Madame Karine Moreau de la ferme Kaja de Coaticook a exprimé, en son nom et en celui de plusieurs producteurs de la région, son mécontentement envers Santé Canada qui n’inclut pas les produits laitiers dans le nouveau Guide alimentaire canadien.

Mme Moreau s’exprime sur les bienfaits du lait comme la forte teneur en protéines et mentionne que différentes études prouvent l’efficacité des produits laitiers. « Le lait est une source de nutriments naturels et absorbables pour tous! » juge-t-elle.

Je suis conscient que les producteurs laitiers travaillent fort et à la sueur de leur front. D’ailleurs je les félicite. Mais le lait n’est pas absorbable par tout le monde. Il contient du lactose, qui n’est pratiquement pas absorbable tel quel par l’intestin. Il doit d’abord être digéré dans l’intestin grêle par un enzyme, la lactase. Le nouveau-né en a en grande quantité, mais en grandissant les adultes perdent jusqu’à 90 % de cette enzyme.

Donc, le lait est indigeste pour beaucoup de gens. Il est allergène à cause du lactose et contient du cholestérol (...)

De plus, l’élevage bovin, que ce soit pour le lait ou la viande, requiert de grands territoires pour le pâturage et les champs de maïs ou de foin servant à l’ensilage qui nourrira les bêtes pendant l’hiver. Au Canada seulement, la production laitière occupe près de 100 millions d’acres.

Je crois que l’avenir est dans la culture des grains, comme l’orge et l’avoine, et des légumineuses, comme le soja, les fèves, pois chiches, etc. Ils sont riches en protéines et nutriments et nous nourrissent directement au lieu de nourrir les animaux. Je ne dis pas d’éradiquer le lait de nos vies, mais plutôt d’en diminuer la consommation. Une partie des producteurs laitiers peuvent se convertir à la culture du grain, du soja ou autres. Ils ont de l’équipement, des aires de culture et des compétences.

C’est une vision utopique peut-être déjà imaginée par le G.I.E.C. (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) qui travaille fort dans le but de trouver des compromis entre la nature et l’industrie.

Francis Côté
Bury