Les choses semblent bouger sérieusement à la STS en vue d’offrir une alternative à la voiture individuelle et de contribuer davantage à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Dans la bonne direction

Après l’ajout de 15 000 heures de service en janvier dernier et de 15 000 autres à compter du 19 août sur l’ensemble de son réseau, la Société de transport de Sherbrooke (STS) souhaite convaincre davantage d’automobilistes de troquer le volant pour l’autobus et il faut l’en féliciter.

En fait, les choses semblent bouger sérieusement à la STS en vue d’offrir une alternative à la voiture individuelle et de contribuer davantage à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Il était temps.

Car, outre cette augmentation du nombre d’heures de service de 15 % (secteur urbain seulement), pour porter celles-ci à près de 290 000 heures par année, et la modification de certains circuits, la STS entend dans la prochaine année se doter de ses premiers autobus électriques et créer un pôle multimodal pour le transport (avec bornes de recharge pour voitures électriques et vélos en libre-service), dans l’ancienne station du Dépôt.

Son président, Marc Denault, qui est aussi à la tête du Centre de mobilité durable, annonce également que le Plan de mobilité durable 2012-2021 de la Ville de Sherbrooke sera revu avec l’objectif de lui donner une nouvelle impulsion.

Ce plan, adopté sous l’administration Sévigny, a été plus ou moins suivi depuis le début, de sorte qu’il est bien difficile de savoir si ses objectifs sont en voie d’être atteints à moins de deux ans de l’échéance, notamment si la part de l’autobus dans les déplacements atteindra 10 % en 2021 (contre 6 % en 2011).

Parallèlement, c’est un secret de Polichinelle que Sherbrooke n’atteindra probablement pas son autre objectif de réduire ses émissions de GES de 20 % sous le niveau de 1990, comme le prévoyait le plan.

« Il y a un leadership à reprendre », convient M. Denault, soulignant toutefois que dans les secteurs à forte densité de population, la STS est tout près de l’objectif de 10 % des déplacements.

La qualité du service de transport en commun à Sherbrooke a souvent été décriée, surtout en banlieue, en raison d’une trop faible fréquence sur plusieurs circuits, particulièrement le soir et le week-end, ce qui a sans doute découragé nombre d’usagers potentiels.

Toutefois, la Ville de Sherbrooke est l’une des agglomérations canadiennes où le nombre de déplacements par autobus, près de 8 millions par année, est le plus élevé compte tenu de sa population (170 000 personnes).

Outre l’augmentation du nombre d’heures de service, la plus importante en 30 ans, la STS poursuit sa collaboration avec les grandes institutions, notamment le CHUS et l’Université de Sherbrooke, et les grands employeurs privés, avec des programmes incitatifs pour les employés.

Et cela donne certains résultats : l’amélioration de la fréquence sur le circuit 8 a entraîné une hausse de 24 % du nombre d’usagers, tandis qu’à l’Université de Sherbrooke 200 employés ont abandonné leur voiture pour utiliser l’autobus en vue de se rendre au travail, depuis le printemps dernier, selon la STS.

Concurrencer la voiture individuelle, que l’on pourrait qualifier de vache sacrée en Amérique du Nord, représente un énorme défi pour les sociétés de transport en commun qui, en outre, doivent pratiquement se battre pour obtenir un financement adéquat pour leurs opérations.

La STS, du reste, tout comme les autres sociétés de transport, attend toujours les détails de la Politique de mobilité durable du gouvernement du Québec annoncée par les libéraux, qui prévoit des mesures pour les organismes de transport.

Devant l’urgence de lutter contre les changements climatiques, l’amélioration des services de transport collectif urbain, de même que le développement d’infrastructures sécuritaires pour le vélo et la marche, doit être prioritaire.