Karine Vallières, députée de Richmond
Karine Vallières, députée de Richmond

Crème solaire, femmes et pouvoir

Point de vue
Point de vue
La Tribune
Je suis en relâche parlementaire, je décide de partir cinq jours en Floride (je sais, ce n’est pas beaucoup, mais juste cinq jours c’est tout un exercice à faire à mon agenda) avec mon conjoint (je sais, il est une perle d’endurer ma vie). Je suis sur le bord de la piscine à jaser de tout et de rien (mais de politique surtout : mes voisins de chaise m’ont reconnue). Je prends un appel pour une entrevue radio au sujet d’un dossier dans le comté. Fin de l’appel. Faut que je me remette de la crème solaire (cancer de peau oblige). T’sé, de la 110. (Oui oui, ça existe!)... et le conjoint qui me suggère de la proposer comme peinture de marquage de rue pour le MTQ (c’est tout dire sur la texture), et moi, de rire aux larmes en continuant de m’en barbouiller partout). Je reçois un texto. Les mains pleines de cette colle-peinture-protection, je ramasse ma tablette électronique tant bien que mal, l’objet devenant victime d’un salissage certain et moi, de railleries bien taquines des voisins : « Tu voulais du pouvoir, envoye, réponds à tes messages! » Tout en lisant le texto reçu : « La Tribune aimerait publier des textes d’Estriennes en marge de la journée de la femme. Intéressée? », je réplique aux voisins : « Messieurs (que voulez-vous, la piscine ayant été envahie presque exclusivement je ne sais trop comment par le masculin cet après-midi-là), Messieurs, écoutez-moi bien : je n’ai jamais voulu DU pouvoir, mais LE pouvoir de faire, oh que oui, et je ne m’en cache pas! » J’avais mon sujet! Et ma tablette était en protection si maximale du soleil, que l’écran tactile n’obéissait plus. Me rappelant que finalement, breveter ma crème pour de la peinture de rue pouvait être une option envisageable.