COVID-19: Pourquoi ignorer les personnes assistées sociales?

Difficile de comprendre l’entêtement du gouvernement québécois envers les personnes assistées sociales. Pourquoi refuser une aide d’urgence à ces personnes qui tirent le diable par la queue toute l’année et qui sont elles aussi durement affectées par la crise de la COVID-19?

Rappelons qu’une personne seule avec des contraintes sévères à l’emploi reçoit 1088$ par mois alors qu’une personne jugée sans contraintes à l’emploi touche 690$ par mois. À peine de quoi couvrir la moitié des besoins fondamentaux reconnus. Avec de tels montants, il est impossible de vivre en santé au Québec. Même en temps «normal», les gens doivent faire preuve de beaucoup de débrouillardise pour seulement essayer de payer les dépenses courantes.

Mais que se passe-t-il en temps «anormal», quand la possibilité d’aller chercher un petit revenu supplémentaire disparaît? À cause de la crise actuelle et des directives gouvernementales, les personnes à l’aide sociale ne peuvent plus travailler pour gagner les 200$ auxquels elles ont droit mensuellement. Tout comme il n’est plus possible, par exemple, de rapporter les contenants consignés, de vendre des magazines de rue ou de mendier.

Il y a aussi les dépenses qui augmentent. Déjà, le prix de certaines denrées alimentaires augmente, et les produits de marque maison, en vrac et de format économique ne sont plus toujours disponibles. Pensons aussi aux frais de livraison que doivent payer les personnes qui sont malades ou qui ne peuvent plus compter sur leurs proches pour aller à l’épicerie et à la pharmacie.

Sans compter que l’entraide est rendue plus difficile. D’une part, le soutien de la famille et des ami.e.s est plus compliqué et parfois impossible en raison des mesures de confinement. D’autre part, plusieurs ressources communautaires œuvrant auprès des personnes en situation de pauvreté sont plus sollicitées que jamais «justement à cause de la crise» et certaines sont même fermées.

Devant cela, il est particulièrement indécent que le gouvernement québécois persiste à ignorer les personnes assistées sociales pendant la crise de la COVID-19. 690$ ou 1088$ par mois, c’est insuffisant pour vivre en temps normal; ce l’est encore plus en temps de crise.

Voilà près d’un mois que le Collectif pour un Québec sans pauvreté réclame une aide d’urgence pour les personnes assistées sociales mais aussi pour toutes les personnes qui ne sont pas admissibles aux programmes d’aide récemment mis sur pied par les gouvernements canadien et québécois. Il est temps d’agir.

Serge Petitclerc
porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté