Contre la piste cyclable de la rue Galt

Point de vue
Point de vue
La Tribune
Je demeure dans le quartier universitaire et depuis plusieurs semaines je côtoie au quotidien la magnifique piste cyclable de la rue Galt Ouest. Certainement née d’une idée noble de certains fonctionnaires de la Ville de Sherbrooke, le moyen utilisé est pour le moins loufoque.

Premièrement la largeur de chaussée que l’on donne au cycliste est exagérée. On donne la moitié de la voie disponible aux cyclistes. Décision indéfendable même s’il y avait deux fois plus de cyclistes que d’automobilistes. En limitant la circulation des véhicules à une voie les automobilistes se voient obligés de se taper tous les arrêts que l’autobus fait le long de la rue Galt. Je ne crois pas qu’à circuler à la queue leu leu à 25 km heure à suivre l’autobus soit très écologique.   

Deuxièmement, la nécessité de faire des pistes réservées vient d’où? Pour avoir été un cycliste actif pendant plusieurs années je sais qu’historiquement la cohabitation vélo et auto à Sherbrooke s’est toujours bien déroulés. Pourquoi cette bande isolée? Et je ne parle pas de l’hérésie du changement de côté qu’on impose au cycliste (l’utilisation du singulier a sa raison dans ce cas-ci) à mi-chemin de la bande réservée, improvisation qui ferait damner même les grands prêtres de Vélo Québec.

Troisièmement, Sherbrooke n’est pas Drummondville, ce plat pays qui n’est pas le mien est une réalité qu’il faut accepter. Sherbrooke n’a pas la topographie favorisant le vélo au boulot. Ce n’est pas la majorité des employeurs qui peut offrir des douches pour les employés qui font 10 km de côte pour aller travailler. Il y a longtemps que les Sherbrookois l’ont compris. 

Quatrièmement, j’entends déjà la fonctionnaire ayant pensé à ce projet commencer sa justification avec « oui mais à Montréal… » Sherbrooke n’est pas Montréal, avoir une auto à Sherbrooke n’est pas aussi compliqué qu’à Montréal et que par le fait même si le pourcentage des citoyens utilisant le vélo est plus élevé à Montréal qu’à Sherbrooke, cela est dû aux inconvénients d’avoir une auto dans la métropole.   D’ailleurs après plus d’une douzaine de déplacements aller-retour le long de cette piste cyclable improvisée j’ai compté un grand total de deux cyclistes DEUX! 

La fonctionnaire qui a décidé de sauver la planète un vélo à la fois risque plutôt de faire perdre les élections à plusieurs conseillers en même temps. 

Pierre Roy
Sherbrooke