Sherbrooke,Québec. Stationnement restreint dans les environs du campus universitaire. La Tribune/Christian Landry

Confusion

ÉDITORIAL / Il y a quelque chose d'absurde et d'un peu choquant dans le bilan du projet-pilote sur le stationnement nocturne en période hivernale à Sherbrooke.
Ce projet censé accommoder les citoyens, en réduisant le nombre de jours où garer sa voiture en bordure de rue était prohibé, s'est soldé par davantage de contraventions et de remorquages.
Décidément, la Ville de Sherbrooke devra trouver un mécanisme pour mieux informer les citoyens sur les périodes de stationnement autorisées.
L'assouplissement des règles du jeu durant trois périodes ciblées de l'hiver (du 15 novembre au 15 décembre, du 24 décembre au 2 janvier et du 15 au 31 mars), lorsque les conditions météorologiques et la planification des opérations le permettaient, visait à réduire la période d'interdiction de stationnement de nuit de 137 à 93 jours.
Cette mesure a toutefois créé une certaine confusion chez plusieurs citoyens qui, selon les informations transmises lundi soir aux élus, ont mal interprété les consignes sur le site internet de la Ville... ou ne les ont pas consultées.
Le bilan du Service de l'entretien et de la voirie, en tout cas, est stupéfiant puisque le nombre de contraventions a augmenté de 15  pour cent pendant l'hiver 2016-2017, comparativement à l'hiver précédent.
En outre, le nombre de remorquages a connu une augmentation fulgurante de 91 pour cent, malgré une diminution du nombre de jours où le stationnement nocturne était interdit!
Le bilan démontre également que plusieurs automobilistes n'ont pas consulté le site internet de la Ville pour savoir si la levée de l'interdiction était en vigueur ou non et que d'autres n'ont pas vu que l'information transmise était valide à partir de 16 h.
D'autres citoyens soutiennent qu'ils croyaient pouvoir se garer partout lorsque l'interdiction était levée.
Le Service de l'entretien et de la voirie indique que pendant les trois périodes ciblées par le projet-pilote, « l'interdiction de stationnement a été levée à 44 reprises sur une période de 58 nuits » et que pour les 14 nuits où l'interdiction a été maintenue pour permettre les travaux de déneigement, pas moins de 221 véhicules ont été remorqués et 885 constats d'infraction émis.
Bref, l'information doit mieux circuler et, peut-être, être plus précise.
Toutefois, on ne peut rejeter toute la faute sur l'administration municipale, car les citoyens ont la responsabilité de s'informer des règles du jeu et de consulter le site internet de la Ville avant de laisser leur véhicule en bordure de rue pour la nuit.
Mais encore faut-il qu'ils en prennent l'habitude.
Les équipes de déneigement doivent avoir accès à des rues libres de véhicules pour bien faire leur travail et perdent un temps précieux lorsque ce n'est pas le cas.
Le Service de l'entretien et de la voirie base sa décision d'intervenir lorsque l'on prévoit des chutes de neige de cinq centimètres ou plus, mais il peut arriver que des précipitations se produisent de manière inattendue en milieu de soirée ou qu'une tempête prévue ne se matérialise pas.
D'ailleurs, selon ce service, il est arrivé « à quelques reprises que l'interdiction n'ait pas été levée alors qu'elle aurait pu l'être ou, au contraire, elle a été levée et des difficultés ont été rencontrées lors des opérations de déneigement ».
Vaudrait-il mieux continuer d'interdire le stationnement de nuit durant l'hiver et prévoir des périodes ciblées où cela est permis ou, au contraire, le permettre en tout temps sauf lors des opérations de déneigement?
Quel que soit le scénario que retiendra la Ville pour l'avenir, celle-ci devra tenter de mieux joindre les citoyens et les sensibiliser au fait qu'ils ont la responsabilité de se tenir informés.