Le chef du Parti québécois a remporté le vote de confiance de ses membres par un score inespéré de 92,8 %.

Confiance renouvelée

Jean-François Lisée a passé le test avec succès. Le chef du Parti québécois a remporté le vote de confiance de ses membres par un score inespéré de 92,8 %. À un peu plus d'un an des élections générales, le leader péquiste vient de recevoir l'élan pour remonter la pente et espérer déloger les libéraux du pouvoir.
Le Parti québécois est un parti « un peu bizarre » commentait Bernard Landry. C'est peu dire, considérant qu'il s'est forgé la réputation peu envieuse de cannibaliser ses chefs. L'ancien premier ministre a démissionné de son poste avec fracas en 2005 après n'avoir obtenu que 76,2 % des voix lors d'un vote de confiance. Lucien Bouchard avait pour sa part avalé la pilule à contrecoeur, n'obtenant qu'un demi-point de pourcentage de plus. De son côté, Pauline Marois avait su rallier 93 % des voix en 2011, un score impressionnant compte tenu de la nature particulièrement volatile de cette formation de coalition.
Lisée a presque aussi bien fait. Un résultat sous les 80 % aurait sans doute été interprété comme un signe d'hésitation à son endroit. Le chef du Parti québécois partait avec deux prises contre lui. Dans un premier temps, il a échoué à concrétiser une alliance stratégique avec Québec solidaire, qui avait le potentiel de traduire la prochaine élection en victoire. Il semble également perdre du terrain auprès de l'électorat, sa formation se retrouvant troisième dans les sondages depuis quelques mois. Certes, les résultats d'un seul sondage doivent être pris avec prudence. Cette fois, des sondages consécutifs confirment une tendance lourde, soit la poussée des troupes de la Coalition avenir Québec de François Legault.
En tant que conseiller politique, Jean-François Lisée était décrit comme un geyser d'idées. De ses mille et une suggestions hebdomadaires, le défi consistait à identifier les deux ou trois coups de génie pour les faire atterrir. Aujourd'hui chef de son parti, Lisée est devenu celui qui doit juger de la pertinence des ébullitions de son cerveau.
Dans son discours d'ouverture de ce congrès national, le chef péquiste a tiré dans toutes les directions de manière sans doute à rallier les différentes franches de sa formation. Cette allocution-fleuve de 80 minutes semble avoir fait mouche.
À la veille d'une élection générale, les troupes péquistes ont réalisé avec pragmatisme qu'il est désormais trop tard pour changer de porte-étendard. La députation a appuyé son chef de tout son poids politique. Le mois prochain, Jean-François Lisée passera un autre test à l'occasion de l'élection complémentaire dans Louis-Hébert. Après le retrait quasi simultané des candidats du Parti libéral et de la Coalition avenir Québec pour des questions de comportement, il devra renverser la tendance des sondages, sinon l'emporter.
Les délégués ont de nouveau discuté des questions de langue. Pendant que la vieille garde prônait la ligne dure quant à l'accès aux cégeps anglophones, Lisée proposait de moduler leur financement à leur poids démographique. Il préconisait également de bonifier l'enseignement de l'anglais dans les cégeps francophones. Le chef et son aile parlementaire ont eu gain de cause, non sans avoir dû batailler ferme. Aujourd'hui, les jeunes francophones veulent maîtriser la langue de Shakespeare, qui leur ouvrira les portes du monde.
Jean-François Lisée a mérité la confiance des délégués. Il devra maintenant sortir de son langage académique pour l'amener à la portée de l'électeur moyen. Il dispose de relativement peu de temps pour clarifier, ramasser et simplifier sa pensée pour la rendre emballante pour l'électorat.