Comment se porte la couche d'ozone?

ANALYSE / En cette période de fin d'année scolaire où les élèves du primaire et du secondaire franchissent la dernière étape avant les vacances, tout nous invite à passer du temps à l'extérieur. Heureusement, la couche d'ozone nous protège des rayons ultraviolets du soleil, mais comment se porte cette couche d'ozone?
L'ozone est un gaz présent dans l'atmosphère. Sa concentration maximale se trouve dans la stratosphère, à environ 25 km d'altitude, où l'énergie solaire permet la formation de l'ozone (O3) à partir des molécules d'oxygène (O2).
La couche d'ozone de la stratosphère filtre une partie des rayons ultraviolets (UV) que le soleil émet, protégeant les organismes vivants de ces rayonnements qui altèrent l'ADN des cellules. Chez les végétaux, l'exposition aux UV peut diminuer la photosynthèse et la croissance. Chez l'humain, elle peut affaiblir notre système immunitaire, développer des cataractes, mais surtout développer un cancer de la peau. Une attention particulière doit être apportée à l'exposition des enfants et des adolescents puisque 80 % de l'exposition aux UV se fait avant 18 ans. D'un autre côté, n'oublions pas que l'exposition aux rayonnements UV aide à synthétiser la vitamine D qui permet d'absorber et de fixer le calcium dans les os.
L'indice UV estime l'intensité de notre exposition. Ce rayonnement varie selon plusieurs paramètres : la latitude, c'est à l'équateur que les rayons du soleil sont les plus intenses; les saisons, les rayons arrivent de façon oblique durant l'hiver parcourant une plus grande distance et perdant ainsi de l'intensité; l'heure de la journée, plus le soleil est au zénith, plus l'indice UV est élevé; et finalement, l'altitude, l'air est moins dense à haute altitude augmentant la quantité d'UV reçus.
La couche d'ozone nous protège des UV, mais la présence d'un trou dans cette couche a été constatée en 1985. Certains composés libérés dans l'atmosphère favorisent la dissociation de l'ozone (O3) en dioxygène (O2). Ceci se produit principalement en présence de chlore et de brome à des températures très basses et en présence de lumière. C'est pourquoi le trou dans la couche d'ozone est à son maximum au-dessus de l'Antarctique après l'hiver polaire (à environ -80 oC), de septembre à décembre, et de façon moins marquée au-dessus du pôle Nord, de mars à juin. La superficie du trou au-dessus de l'Antarctique a atteint son maximum en 2000, évaluée par la NASA à près de 30 millions de km2.
Pour restaurer la couche d'ozone, le protocole de Montréal de 1987 a été le premier traité environnemental international. Cet accord signé par 196 pays établit les mesures pour réglementer et éliminer graduellement la production et la consommation de 165 substances appauvrissant la couche d'ozone (SACO). Ces substances se retrouvent dans plusieurs secteurs d'activités, dont la réfrigération et la climatisation ainsi que la fabrication de solvants et d'aérosols. Ces substances persistent dans l'atmosphère entre 20 et 120 ans puisqu'elles ne sont pas lavées par la pluie ni détruites par d'autres substances chimiques. Lorsqu'elles atteignent la stratosphère, elles sont dissociées par les rayons UV, ce qui libère le chlore ou le brome qu'elles contiennent, qui réagissent alors avec l'ozone.
Selon Environnement Canada, la consommation de SACO a diminué de près de 90 % à l'échelle mondiale selon le potentiel d'appauvrissement de la couche d'ozone. L'Organisation météorologique mondiale estime que la concentration atmosphérique de ces substances a baissé entre 10 % et 15 % relativement à la concentration maximale présente à la fin des années 1990. Ils estiment que la couche d'ozone devrait se rétablir vers 2070. Les gouvernements doivent cependant veiller à ce que les SACO soient récupérées et éliminées adéquatement.
De plus, plusieurs SACO sont des gaz à effet de serre et participent donc au réchauffement climatique. Leur réduction est importante. Par exemple, les CFC (chlorofluorocarbones) réduisent la couche d'ozone. Ils étaient utilisés dans plusieurs produits (bombonnes de fixatif à cheveux, extincteurs chimiques, mousses isolantes, systèmes de réfrigération). Ils ont été remplacés dans certains cas par des HFC (hydrofluorocarbones) qui sont moins nocifs pour la couche d'ozone, mais qui sont d'importants gaz à effet de serre. Par exemple, chaque molécule de HFC-23 a un potentiel d'effet de serre équivalent à 12 000 molécules de CO2. De nouveaux substituts sont à l'étude pour réduire le réchauffement climatique.
Dans le but de limiter les émissions de SACO, les gouvernements ont pris leurs responsabilités et l'industrie s'est adaptée. Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre qui entrainent le réchauffement climatique, les gouvernements, les entreprises, les institutions, et nous tous, devons-nous impliquer et changer nos façons d'agir.
Fort heureusement, cette couche d'ozone nous protège des rayons UV. Les humains ont su réagir à temps pour la protéger. La Terre prend soin de nous, à nous également de prendre soin de la Terre. Et surtout, profitons de cet été pour côtoyer cette nature d'une extraordinaire beauté qui nous entoure.
Lucie Laramée, spécialiste en environnement