Combattre ensemble pour assurer la mission de l'UdeS

Depuis le 7 février, le Syndicat des professeures et professeurs de l'Université de Sherbrooke a déclenché une grève pour dénoncer la lenteur des négociations avec les responsables de l'institution (la convention actuelle est échue depuis deux ans) et les demandes de la partie patronale qui se traduiraient par un recul sur plusieurs acquis sociaux dont, en particulier, les conditions des congés de maternité et des congés de maladie.
Il s'agit, en 60 ans, de la deuxième grève initiée par le syndicat des professeures et professeurs et du plus long conflit de travail pour ce qui concerne notre catégorie de personnel. Conscients du privilège que nous avons de travailler au sein du milieu universitaire et des responsabilités importantes qui nous incombent, la décision de décréter une grève n'a pas été prise à la légère.
Comme l'ont bien compris les associations étudiantes et les autres syndicats qui nous appuient, les enjeux au coeur du conflit concernent de façon plus générale l'ensemble des choix qui incombent à nos dirigeants quant à l'avenir de notre université, à la poursuite de sa mission essentielle et à son rôle d'employeur exemplaire.
Dans le contexte des compressions imposées par le gouvernement, contrairement à la majorité des universités québécoises, à la suite d'une gestion très rigoureuse ayant imposé de nombreux sacrifices aux différentes catégories de personnel ces dernières années, l'université peut se targuer d'avoir maintenu un budget équilibré et d'avoir même dégagé une petite marge de surplus budgétaire. Toutefois, on peut s'étonner que cette marge ait été réinvestie dans les briques et non pas dans le soutien aux personnes qui étudient et travaillent au quotidien au sein de notre institution. C'est là un choix stratégique qui a un effet très démobilisateur sur les différentes catégories de personnel.
Si l'on y ajoute, dans le cadre des négociations entourant le renouvellement des conventions collectives, des demandes qui constituent un recul sur des acquis sociaux et ciblent des personnes en situation particulière, cela met fortement à mal l'image de l'Université de Sherbrooke en tant qu'employeur soucieux du progrès social alors que depuis de nombreuses années elle prétend se préoccuper de la santé organisationnelle qui, faut-il le rappeler, est en effet préoccupante comme l'ont montré certaines études à l'interne, notamment au sein du corps professoral.
Que dire par ailleurs du maintien d'une situation d'iniquité dans le traitement des professeures et professeurs puisque celles et ceux-ci qui sont affiliés à une association syndicale propre à la Faculté de génie bénéficient de plusieurs avantages nets par rapport à leurs collègues des autres facultés?
La nature et les conditions du travail professoral sont parfois difficiles à cerner pour certains. Nous tenons à réaffirmer que nous sommes conscients autant des conditions privilégiées associées à notre emploi que de nos responsabilités. Nous mobilisons chaque jour notre intelligence, notre rigueur, notre créativité, notre capacité d'innovation pour remplir collectivement la mission essentielle que nous confie la société: assurer la formation initiale et continue des personnes responsables de notre futur, développer de nouvelles connaissances et les mettre au service de l'amélioration des pratiques professionnelles et des services aux personnes, du développement social, culturel et économique.
À l'heure où enfin le gouvernement semble bien décidé à réinvestir dans l'enseignement supérieur et universitaire, pour maintenir la force d'attraction et d'innovation de notre université en région, nous attendons que nos dirigeants soient conscients de l'importance d'augmenter les ressources professorales et fournissent à l'ensemble des professeures et professeurs ainsi qu'aux autres catégories de personnel les conditions appropriées pour assurer la poursuite de notre mission commune.
Michèle Vatz-Laaroussi, Hélène Pigot, Jean-Pierre Le Glaunec, Olivier Dezutter,
Claudia Gagnon, Frédéric Saussez, Édith Vézina, Florian Meyer et Sabrina Moisan
Professeures et professeurs à l'Université de Sherbrooke, membres du SPPUS