Clôtures à North Hatley : la vérité déformée

La question de l’accès à la plage publique a été au centre des préoccupations à North Hatley et dans les villages environnants au cours des deux derniers mois. Deux pétitions demandant des négociations entre la Société récréative de North Hatley et la Municipalité, ainsi que la plage publique reste accessible 24 heures sur 24, ont reçu 500 signatures, et de nombreux citoyens ont assisté aux séances du conseil de mai et juin pour exprimer leur désapprobation eu égard à la décision du conseil municipal d’interdire l’accès au lac sur la plage publique en dehors des heures de baignade surveillées.

Le maire a justifié cette décision en ces termes : « Dans le contexte public qui nous interpelle, ce n’est plus possible (...) les lois ont changé (...) les assureurs sont attentifs... »

Mais qu’en est-il vraiment? La loi québécoise prévoit-elle l’obligation de fermer l’accès à la plage? Les assureurs de la ville insistent-ils pour que la plage soit fermée pendant les heures non surveillées? La réponse aux deux questions est la même : NON. En effet, l’assureur de la ville a répété dans un courriel en date du 10 mai 2018 ce qu’il avait déjà dit le 1er septembre 2016 : Il n’est pas nécessaire de clôturer la plage. [Nous soulignons.]

Pourquoi le maire laisse-t-il croire le contraire aux citoyens? Et pourquoi écrit-il que « Les statistiques de noyade au Québec ont connu une hausse exponentielle au cours des dernières années », alors qu’en fait, les chiffres les plus récents montrent qu’ils sont à leur plus bas niveau depuis quelques années?

Les choses ont pris une tournure désolante quand nos élus agissent en présumant qu’ils savent mieux que quiconque et sont prêts à induire en erreur ceux qu’ils représentent. Beaucoup de gens — en particulier les jeunes familles (une priorité pour le conseil municipal) — déménagent à North Hatley spécifiquement pour profiter de l’emplacement de la ville sur le beau lac Massawippi. Malheureusement, une décision arbitraire et inutile du conseil les a privés — et nous a tous privés — de cette possibilité.

Le maire n’a cessé de situer la décision du conseil en termes de « prudence », mais ceux qui souhaitent avoir accès à la plage publique ne sont pas des imprudents. Ce sont des adultes responsables, prêts à assumer la responsabilité de leurs actes et de ceux de leurs enfants. Les membres du conseil semblent vouloir se placer dans le rôle de « parents hélicoptères », un rôle que la population ne leur a pas demandé d’assumer, et ne veut pas qu’ils assument.

Paul St-Pierre
North Hatley