Jonathan Savard

Changement de parti politique rime-t-il avec opportunisme?

Depuis que j’ai 15 ans, je milite au Parti québécois. À 15 ans, j’étais allé faire des téléphones pendant quelques heures, sans me douter de l’aventure qui m’attendait. Quelques années plus tard, j’ai dirigé l’aile jeunesse en Estrie et j’ai participé à l’organisation de la campagne électorale de Guillaume Rousseau, comme attaché de presse.

Maintenant, j’annonce que je passe à la CAQ. Je vais militer pour Geneviève Hébert, députée de Saint-François. Je travaillerai à poursuivre l’implantation de la CAQ en Estrie, à en faire un parti qui représente le mieux possible toutes et tous. Pa ailleurs, je n’aurais jamais cru que la CAQ gouvernerait si habilement avec tant de rassemblement.

Les commentaires sur ma décision ont été nombreux. Changement de parti, oui. Je l’assume. Traître, opportuniste, carriériste, non. Je le réfute. Et je crois que ça mérite réflexion.

Les vrais bons politiciens ne font pas de politique pour faire carrière. Ils le font pour leurs idéaux, leurs valeurs, leurs convictions bref, pour le meilleur. Bien humblement, c’est ce que je souhaite faire.

Je fais de la politique pour l’éducation, la justice sociale, l’équité, pour le Québec et les gens qui le composent. Et c’est ce que j’ai toujours fait.

Or, avec la marque de commerce du Parti québécois qui est, malheureusement, aussi entachée que le pétrole d’Alberta et les vieilles structures internes rigides qui structurent les défaites du PQ, ce n’est tout simplement plus le bon véhicule.

Certains me reprochent de ne pas vouloir réparer le véhicule. De le jeter froidement. Ça fait des années que je tente de le réparer. Il faut être lucide. La priorité des gens, ce n’est pas l’indépendance et encore moins le PQ. Et pendant ce temps il y a des écoles en ruine, des gens qui ont faim ou qui décrochent du système scolaire. Il faut donc agir maintenant. Travailler pour les gens qui en ont besoin, pour ceux qui sont la raison d’être de l’action politique, pas pour réanimer de manière égoïste un vieux parti.

Alors, je vous repose la question : opportunisme ou lucidité?

Jonathan Savard
Sherbrooke