On ne peut revivre un faux départ comme celui du projet Well Inc., qui bien que perfectible, avait soulevé beaucoup d’espoir pour redonner vie au secteur de la rue Wellington Sud.

Cette fois-ci doit être la bonne

Déplacement du pont des Grandes-Fourches, déménagement probable de la place Nikitotek à proximité du Centre des arts de la scène Jean-Besré et volonté des gens d’affaires de s’investir : tout semble en place pour un projet majeur de revitalisation du centre-ville qui, souhaitons-le, ralliera cette fois l’ensemble de la communauté.

Après l’abandon en février dernier du projet du centre d’affaires et d’entrepreneuriat Well Inc., mis de l’avant par l’administration de l’ancien maire Bernard Sévigny, un projet certes visionnaire, mais marqué par des tergiversations et un manque de clarté, il est plus que temps que Sherbrooke se donne un nouveau plan d’action pour relancer ce secteur névralgique, en particulier la rue Wellington Sud.

On ne peut revivre un faux départ comme celui du projet Well Inc., qui bien que perfectible, avait soulevé beaucoup d’espoir pour redonner vie au secteur de la rue Wellington Sud en voulant y attirer de nouvelles entreprises, notamment dans le secteur des technologies.

D’autant plus qu’il était mis de l’avant par des investisseurs sérieux, le consortium formé du Groupe Custeau, de Sherweb et du bras immobilier de la FTQ.

Le moratoire décrété en campagne électorale par le candidat à la mairie Steve Lussier, suivi du retrait du consortium, avait amèrement déçu la Chambre de commerce de Sherbrooke et l’Association des gens d’affaires du centre-ville.

Et pour cause : la Ville avait acquis des terrains et des immeubles sur Wellington Sud et on sentait que Well inc. allait être un élément majeur pour dessiner un centre-ville du 21e siècle et y attirer de nouveaux résidants et de nouvelles entreprises.

Bien que certains commerçants disent aujourd’hui songer à quitter la rue Wellington Nord, peut-être un peu désillusionnés devant l’absence d’un projet mobilisateur, d’autres estiment au contraire que c’est le moment où jamais pour investir et que « le vrai centre-ville, c’est pour bientôt », comme le dit Alexandre Côté, propriétaire du restaurant Pizzicato.

Même son de cloche du côté de la Chambre de commerce : son président Claude Denis se dit confiant que les choses vont bouger.

Pour l’heure, toutefois, il manque toujours un ou des investisseurs prêts à se lancer dans cette aventure.

Le comité consultatif sur le développement du centre-ville, piloté par la conseillère Chantal L’Espérance, promet de l’action dès l’été qui vient pour revitaliser le secteur et prévoit lancer sous peu un appel de propositions pour un projet majeur dans la zone prioritaire de la rue Wellington Sud.

On n’en attend pas moins : on ne peut laisser à eux-mêmes bien longtemps encore des terrains inoccupés et des immeubles aux fenêtres placardées.

Ni laisser tomber une population défavorisée et vulnérable.

Le choix du futur projet par les élus sera crucial : il devra être rassembleur et faire place autant aux gens d’affaires, aux jeunes entrepreneurs, au milieu culturel, aux groupes communautaires, qu’aux citoyens.

S’il faut penser à de nouveaux immeubles à bureaux, à du stationnement et à une place publique, il ne faut pas oublier que des familles, des personnes seules et des désœuvrés vivent dans le secteur de Wellington Sud et ont besoin de logements abordables.

Au Québec comme ailleurs, trop de projets de revitalisation de vieux quartiers ont entraîné un embourgeoisement, des hausses de loyer et l’exode des résidants peu fortunés.

Les élus doivent y réfléchir et démontrer qu’à Sherbrooke on peut faire les choses différemment.

Cette fois-ci doit être la bonne.