Cessez de nous mettre dans le même sac

Sherbrookoise et Québécoise depuis plus de 26 ans, mais aussi membre des communautés culturelles et en fréquentant de nombreux autres, je me permets de contredire le titre et l’article paru le 1er octobre dans La Tribune qui affirmait : « Sherbrooke et Richmond : les communautés culturelles se rangent derrière le PLQ ». (NDLR L’article faisait état d’une « vingtaine de leaders des communautés culturelles sherbrookoises » qui « ont donné leur appui au Parti libéral du Québec ».)

Non, les communautés culturelles ne sont pas un groupe homogène qui voterait au complet pour le Parti libéral.

Non, on ne peut pas tous nous mettre dans le même sac, fermé et intemporel. 

Non, les membres de communautés culturelles interviewés dans l’article et appelés leaders des communautés culturelles ne nous représentent pas tous et toutes. Nous ne leur avons pas donné ce mandat et nous sommes toutes et tous, chacune et chacun, des citoyennes et citoyens capables d’analyser les enjeux électoraux de notre société, de prendre position, d’évoluer et de voter pour celles et ceux que nous choisissons selon nos tendances, nos principes et nos convictions. 

Non, ce n’est pas parce que notre nom n’est pas québécois, parce qu’on est né ailleurs, parce que notre langue maternelle n’est pas le français, ou parce qu’on a la peau foncée, les yeux bridés ou les cheveux bouclés qu’on est astreint à voter partout et toujours pour un même parti. Les résultats de ces élections nous le montrent : les membres des communautés culturelles et les immigrant-e-s sont aussi des jeunes, des femmes et des hommes, des étudiant-e-s, des entrepreneur-e-s, des militant-e-s, des parents et grands-parents, des professionnel-le-s, des membres d’organismes communautaires, des bénévoles, des partisans, des activistes, des aîné-e-s, des sportifs, des artistes, des écologistes, des anti-racistes et.… tant d’autres identités et appartenances! 

Nous considérer comme un bloc libéral indéfectible est non seulement faux, mais tend à nous enfermer dans la non-citoyenneté ou dans une citoyenneté de seconde zone. Comme tous les citoyens québécois, les immigrant-e-s et membres des communautés culturelles votent ou ne votent pas, mais laissez-nous le droit de choisir personnellement nos allégeances et nos positions.

Michèle Vatz Laaroussi

Sherbrooke