Denis Dufresne
La Tribune
Denis Dufresne
Cette fois-ci, le gouvernement Legault a décidé de bonifier l’enveloppe des travaux de 131 millions $ ce qui — on vit d’espoir! — devrait se traduire par la concrétisation du projet tant attendu.
Cette fois-ci, le gouvernement Legault a décidé de bonifier l’enveloppe des travaux de 131 millions $ ce qui — on vit d’espoir! — devrait se traduire par la concrétisation du projet tant attendu.

Centre mère-enfant : cette fois-ci sera-t-elle la bonne ?

ÉDITORIAL / La saga du projet de Centre mère-enfant de Sherbrooke est-elle véritablement terminée?

Après plus de 15 ans d’attente, on peut espérer que oui, puisque le ministre de la Santé et des Services sociaux, Lionel Carmant, autorise le projet et annonce le lancement d’un premier appel d’offres en vue d’une livraison prévue en décembre 2023. 

Le Centre devrait recevoir ses premiers patients en 2024.

Le coût de ce projet évoqué depuis 2002 passe toutefois de 198 à 328,8 millions $.

Il s’agit du deuxième appel d’offres depuis deux ans.

La Société québécoise des infrastructures (SQI), qui est gestionnaire du projet, avait effectué la même démarche en 2018.

Mais, en janvier 2019, l’organisme avait rejeté la seule soumission qu’il avait reçue, puisque celle-ci dépassait de 25 % le budget prévu de 198 millions $.

Cette fois-ci, le gouvernement Legault a décidé de bonifier l’enveloppe des travaux de 131 millions $ ce qui — on vit d’espoir! — devrait se traduire par la concrétisation du projet tant attendu.

Celui-ci consiste en un grandissement de l’Hôpital Fleurimont, du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Estrie-CHUS, où seront aménagées la pédopsychiatrie, la pédiatrie, la maternité, la néonatalogie et une nouvelle unité d’urgence. 

Évoqué à maintes reprises, modifié en cours de route et reporté plusieurs fois, le Centre mère-enfant a suscité beaucoup d’attentes et d’espoirs déçus depuis le début des années 2000, au point où de nombreux acteurs du milieu de la santé ont souvent cessé d’y croire.

Avec raison.

Le projet avait été annoncé une première fois en 2004, sous le gouvernement Charest, en vue d’une livraison en 2010 au coût de 100 millions $.

En 2013, alors que le Parti québécois amorce son bref règne, le ministre de la Santé d’alors, Réjean Hébert, en promet la réalisation pour 2017, avec une facture de 120 millions $.

Mais, manque de chance, le gouvernement libéral de Philippe Couillard, qui succède au PQ, retire le projet du plan provincial des infrastructures en raison d’un trop grand nombre d’engagements financiers.

En 2015, le ministre de la Santé Gaétan Barrette annonce que le gouvernement a recouvré sa marge de manœuvre et que les fonds pour ce projet désormais évalué à 198 millions $ sont réservés en vue d’une mise en chantier en 2018 et d’une inauguration en 2021.

« Ce projet-là, je vous l’ai dit en 2015, il est provisionné, il va se réaliser et je vais revenir vous dire la même chose en 2017 », avait-il assuré à l’époque. 

En mai 2018, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS lance même officiellement les travaux préparatoires pour la construction du Centre mère-enfant.

Or, en janvier 2019, à la suite de l’annulation par la SQI d’un premier appel d’offres, c’est un nouveau retour à la case départ : l’organisme fait alors part de son intention de relancer le processus, mais en « lots » plutôt que de confier l’ensemble du projet à un seul entrepreneur.

Nous voilà maintenant à la fin de l’année 2020.

Le ministre Carmant affirme que le Centre mère-enfant de Sherbrooke fait partie des priorités de son gouvernement.

Les plus cyniques diront que c’est un air déjà entendu et que les prochaines élections provinciales, fin 2022, pourraient changer la donne.

Mais le lancement de l’appel d’offres pour le premier « lot » du projet et le budget substantiel auquel le gouvernement consent permettent d’être optimiste.

Il sera toujours très difficile de comprendre pourquoi ce projet a fait du surplace depuis plus de 15 ans compte tenu des besoins reconnus pour des installations de meilleure qualité à l’Hôpital Fleurimont et de la mobilisation du milieu.

Cette fois-ci doit être la bonne.