Cannabis, punir ou conscientiser?

Quelle que soit l’importance du nombre de jeunes de 18 ou 20 ans à risque, ce qu’il faut se demander avant de légiférer, c’est : «quelle est la façon la plus efficace d’atteindre le but?»

Miser sur la punition par une loi ou miser sur la conscientisation des jeunes et des moins jeunes, soit sur l’information et le choix volontaire en connaissance des faits de la drogue. 

À 18 ans, les jeunes devraient être assez informés et conscients pour faire des choix rationnels. Les valeurs qui les guident devraient être assez fermes pour leur permettre de faire des choix volontaires, qui les valorisent comme personnes humaines se sentant en contrôle de leur vie de citoyens d’un pays démocratique. 

Ces valeurs sont le respect de soi et des autres dans l’égalité des droits; ce qui exige un esprit de fraternité. 

En démocratie, la liberté des citoyens (la troisième valeur) est nécessairement limitée par le respect des deux premières. 

C’est pour cela, et seulement pour cela, que les lois existent; pour punir ceux qui n’agissent pas dans le respect du champ de liberté. 

Les lois limitent, ainsi, la liberté des choix volontaires des citoyens. 

Vous qui aimez parler d’efficacité économique, monsieur Legault, dans ce cas-ci, un choix volontaire éclairé sera beaucoup plus efficace que de sévir par une loi. Une loi qui risque d’être inconstitutionnelle. 

Avant, la loi fédérale criminalisait toutes les drogues et s’appliquait à tous les citoyens; le résultat n’était pas mirobolant. Les drogues circulaient et circulent encore massivement.

Bernard Dupont, Québec