Besoin d'espace

ÉDITORIAL /L'étalement urbain a de nombreux impacts, notamment le besoin de nouvelles écoles et c'est parfois tout un casse-tête puisque le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur (MÉES) et les commissions scolaires n'utilisent pas le même mode d'évaluation des besoins.
À tel point que la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) réitère auprès du MÉES sa demande pour un établissement scolaire de 21 classes, à l'angle du futur boulevard René-Lévesque et de la rue Matisse.
La révision des capacités d'accueil et de la progression du nombre d'élèves dans ce secteur démontre qu'une école de 14 classes ne répondra déjà plus à la demande lors de son ouverture prévue en septembre 2018.
La CSRS presse donc le MÉES de revenir au projet initial de 21 classes présenté en 2014, mais qui avait été refusé.
À l'époque, la CSRS s'était basée sur le développement immobilier en cours dans l'arrondissement Rock Forest-Saint-Élie-Deauville et le projet de construction du boulevard René-Lévesque, qui devait démarrer à l'origine en 2016.
Or, le ministère s'appuierait sur les besoins courants et non sur les projections démographiques pour analyser les projets d'agrandissement ou de nouvelles écoles; difficile dans ce cas d'anticiper le futur!
En outre, il est possible que le régime d'austérité imposé par le gouvernement Couillard en 2014 et 2015 ait joué contre le projet initial de 21 classes.
Trois ans plus tard, la réalité semble donner raison à la CSRS; reste à voir si le MÉES sera plus compréhensif cette fois-ci.
Car l'arrondissement Rock Forest-Saint-Élie-Deauville a connu une augmentation de 28,7 pour cent de sa population entre 2006 et 2016, selon les données de la Ville de Sherbrooke.
Et la construction du boulevard René-Lévesque, qui doit débuter sous peu, devrait stimuler encore davantage le développement immobilier dans ce secteur, donc y attirer de jeunes familles et leurs enfants. Déjà, plusieurs projets de construction de maisons unifamiliales, jumelées et en rangée sont en cours.
Durant les dernières années, la CSRS a fait construire deux nouvelles écoles primaires dans cet arrondissement, du Boisé-Fabi et des Aventuriers, en plus d'agrandir les écoles Notre-Dame-de-Liesse, Boisjoli, La Maisonnée, Beaulieu et Bréboeuf, cette dernière étant située dans le quartier nord.
Deux demandes sont également en attente de réponse: la mise à niveau du gymnase de l'école École Pie-X-de l'Assomption, dans le quartier est, et l'agrandissement de l'école Jean-XXIII, dans l'ancien quartier d'Ascot.
Mais les besoins ne sont pas qu'à Sherbrooke.
Par exemple, Ascot Corner réclame l'agrandissement de l'école la Source-Vive en raison de l'augmentation de sa population de 20 pour cent au cours des dernières années, après s'être vu refuser par la CSRS la possibilité d'utiliser l'ancienne caisse populaire comme solution temporaire.
Pour l'heure, la commission scolaire étudie le dossier, rappelant toutefois qu'elle doit démontrer au ministère de l'Éducation que l'ensemble du secteur d'appartenance est en manque d'espace.
Or, ce ne serait pas le cas. Car bien que la municipalité d'Ascot Corner soit située à l'extérieur de Sherbrooke, elle est rattachée au secteur de l'école secondaire de La Montée, à Sherbrooke, où on compte 10 classes disponibles au primaire. Bref, on est loin de la première pelletée de terre!
Les parents n'aiment pas beaucoup que leurs enfants doivent parcourir de longues distances en autobus scolaire faute de places suffisantes dans leur école de quartier, comme ce fut le cas par exemple pour des élèves du primaire du secteur Saint-Élie qui devaient se rendre à l'école Laporte, dans l'Est de Sherbrooke, avant la construction de l'école des Aventuriers.
Dans ce contexte, le MÉES devrait se mettre davantage au diapason des commissions scolaires pour la révision des capacités d'accueil et la projection des besoins futurs.