Le débat n’est pas de savoir si l’on doit soutenir une entreprise privée. Il est bien plus grand. Il s’agit de savoir si l’on doit soutenir notre démocratie, si l’on doit soutenir une information de qualité.

Avis publics : Monsieur le maire, ce n’est pas une simple décision administrative

La politique m’a toujours beaucoup intéressé. Pourtant, ma famille ne s’y intéresse pas particulièrement. Rien ne m’y prédispose. Suis-je tombé dans la potion magique? Presque, oui. Elle n’a rien de magique pourtant et ses ingrédients sont bien connus. Elle est accessible, vivante et dynamique. C’est la presse écrite.

C’est La Tribune. C’est tant d’autres journaux régionaux. C’est grâce à ces lectures que je suis aujourd’hui un jeune étudiant politisé, engagé et impliqué dans la société.

Des citoyens engagés, c’est précieux pour notre société. Ce sont eux qui se portent candidats à nos élections, qui s’impliquent dans nos organismes communautaires. Ce sont eux qui votent, tout simplement. Comme société, nous devons faciliter l’éclosion de ces citoyens engagés. On dit que l’information c’est le pouvoir. L’information, c’est aussi le souffle qui fait vivre notre société, le souffle qui pousse les citoyens vers l’action constructive. La Tribune, c’est le seul média écrit à Sherbrooke. 

Lorsque j’ai appris que la Ville de Sherbrooke abandonne la publication des avis publics dans La Tribune afin d’utiliser d’autres modes de communications, j’ai compris leur décision. Je dois avouer que je ne suis moi-même pas un fidèle lecteur des textes juridiques que sont les avis publics. Par contre, la fin de la publication des avis publics prive notre journal d’importants revenus. C’est pourquoi, lors du conseil municipal, j’ai pris la parole pour la première fois, afin de demander si la Ville peut s’engager à dépenser la même somme en publicité que celle qui était auparavant utilisée pour les avis publics. Publicité qui servirait à informer les citoyens sur les informations d’ordre municipal.

J’ai été très déçu de constater le refus de la présidente (NDLR la conseillère municipale Nicole Bergeron) à répondre à la question exacte et précise que je lui ai posée. Parce que le débat n’est pas de savoir si l’on doit soutenir une entreprise privée. Il est bien plus grand. Il s’agit de savoir si l’on doit soutenir notre démocratie, si l’on doit soutenir une information de qualité. Monsieur le maire, aurez-vous la volonté de répondre par l’affirmative à cette question?

Jonathan Savard

Sherbrooke