À partir de ce matin, j’ai annulé mon adhésion à Apple News. Je me suis abonné à La Tribune et à La Presse. J’ai maintenant toutes les actualités locales et régionales sur mon iPad fait par des gens d’ici, qui travaillent ici, qui vivent ici, et qui souvent sont même nos amis!

Avenir des médias, opinions de nos lecteurs

Étant un technophile sherbrookois aguerri depuis plus de 30 ans, je suis de la génération qui a adopté et accueilli les bras grands ouverts « l’ordinateur domestique » dès le début des années 80. Je suis également de cette même génération qui a vu naître Internet et qui a su en tirer profit dès le départ. « Quel monde fantastique! »

Aujourd’hui, les « géants » de ce monde : Apple, Google, Microsoft, etc. nous inondent de services branchés, certains très utiles... Et d’autres... Moins! La société d’aujourd’hui tarde à nuancer les bénéfices que nous apporte toute cette technologie versus « les pièges » de la surconsommation et leurs « réels impacts ».

Étant un accro à Apple depuis plus de 20 ans, je suis le « Apple Guy ». J’ai l’iPhone depuis le tout début et je les ai tous eus, ainsi que toute la famille de la marque pommée : montre, ordinateur, écouteurs, crayons, ainsi que tous leurs services iCloud, musique, etc. Écoutez, c’est rendu banal d’aller à un Apple Store, j’ai tous leurs produits. Je suis toujours dans l’attente interminable de nouveaux produits. Je fais même un « pèlerinage » chaque année à New York à l’automne pour visiter leurs Apple Store!   

Mais ce matin, bang!!! Prise de conscience ou état de lucidité soudaine dû à l’actualité? Merci à monsieur le premier ministre Legault. Je me suis dit : « Pourquoi payer Apple News 12,99 $ par mois pour lire du contenu créé en partie ici, chez nous??? Ouch!! Qu’est-ce que je fais là? Elle est où ma responsabilité dans cette histoire qui fait les manchettes en ce moment? »

Bien évidemment, je suis friand de nouvelles fraîches à saveur technologiques, j’aime être informé « dans la minute » où les nouvelles font leur apparition, mais à quel prix? Il y a aussi le prix social et économique!

À partir de ce matin, j’ai annulé mon adhésion à Apple News. Je me suis abonné à La Tribune et à La Presse. J’ai maintenant toutes les actualités locales et régionales sur mon iPad fait par des gens d’ici, qui travaillent ici, qui vivent ici, et qui souvent sont même nos amis! De supporter nos médias qui sont en transformation à l’ère numérique, qui alimentent et diffusent notre culture, nos valeurs, notre actualité à nous, ça nous appartient et nous avons comme citoyen « notre » responsabilité sociale et morale de la maintenir et de la protéger.

En faisant ma lecture de l’édition de ce matin, parmi les publicités que j’ai lues dans mon journal local, j’ai découvert de nouvelles entreprises pour m’approvisionner localement. 

« Pourquoi je ne connaissais pas ces entreprises-là avant??? » 

La réponse est simple : je ne consultais pas leur principale source de communication avec notre collectivité... nos médias locaux!!!!!!!

J’utilise maintenant l’application Flipboard sur mon iPad pour amalgamer l’ensemble des nouvelles technologiques qui me tiennent à cœur et qui ne sont tout simplement pas disponibles dans nos médias, donc n’ont aucun impact sur ma communauté… Et celle-là… elle est gratuite! Hi! :)

Je souhaite partager ma prise de conscience sur la crise qui touche les médias et qui nous touche en ce moment. Je crois sincèrement qu’elle peut faire une différence. Si elle peut servir pour un reportage, libre à vous et votre équipe, je demeure disponible et dévoué pour cette cause.


Jean-François Ménard

Sherbrooke

+ La Tribune, un média collectif

L’actualité locale et régionale est un vecteur inestimable de la démocratie du territoire. La fin de La Tribune et des autres journaux régionaux est inconcevable pour les citoyen.ne.s, le politique, les entreprises et les organismes. Il faut continuer d’investir dans nos médias régionaux pour avoir une information territoriale de qualité.  Un modèle d’affaires alternatif existe : l’entrepreneuriat collectif.  

Le modèle entrepreneurial de l’économie sociale est un pilier de notre économie tout comme le privé et le gouvernemental. C’est un pilier basé sur la mobilisation, favorisant la création et la redistribution de la richesse, ainsi que la pluralité des voix. C’est une solution qui a fait ses preuves pour préserver des instances d’intérêt public comme le Grand Costumier de Radio-Canada et le festival du Grand Montréal Comique. 

Depuis l’annonce, la population a clairement exprimé l’importance de garder La Tribune en vie et la reprise collective représente une option particulièrement intéressante, qui favoriserait la pérennité d’une telle entreprise.

La CDEC et le Pôle d’entrepreneuriat collectif encouragent vivement la collectivité à s’unir pour assurer un futur à nos médias régionaux et soutenir le travail important de nos journalistes et artisan.e.s de l’information régionale. 

Comme les québécois.e.s se rassemblent naturellement pour bâtir des solutions, il serait également important que nos gouvernements mettent en place des politiques publiques pour une plus grande équité dans ce secteur d’activité. 

Au Québec, nous nous démarquons par la force de notre économie sociale, qui reflète nos valeurs de société. Prouvons, encore une fois, que collectivement, des défis de taille peuvent être relevés. 


Cynthia Collette
Directrice générale du Pôle d’entrepreneuriat collectif de l’Estrie 

Karole Forand
Directrice générale de la Corporation de développement de l’entrepreneuriat collectif – CDEC de Sherbrooke

+ Avenir des médias régionaux : quand un défi devient une occasion pour les régions

Groupe Capitales Médias (GCM) a déposé un avis d’intention pour se placer sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité. C’est un coup dur pour les régions et les travailleurs des médias de l’information qui y évoluent. Rapidement, notre gouvernement a annoncé un financement intérimaire de 5 millions de dollars sous forme de prêt afin de permettre la poursuite de la publication des six journaux appartenant à GCM. Un comité interministériel s’affaire également à préparer un programme spécifique d’aide aux médias. Parallèlement, les membres de la Commission de la culture et de l’éducation ont adopté un mandat d’initiative portant sur l’avenir des médias d’information et viennent d’amorcer leurs travaux.

La présence d’une presse locale et régionale professionnelle contribue au dynamisme et à la vitalité de toutes les régions du Québec. Les journaux sont importants pour la circulation de l’information et la préservation de la vie démocratique. C’est d’ailleurs l’un des principes fondamentaux qui guident les travaux de la commission. 

Néanmoins, nous sommes d’avis que la réflexion doit aussi se faire plus largement parmi les élus, les gens d’affaires et les citoyens de chaque communauté autour de la place qu’occupent les médias et l’information dans nos milieux de vie, la forme qu’ils peuvent prendre et les moyens d’assurer une couverture médiatique pluraliste à la grandeur du Québec.

Le développement des régions dépend nécessairement de leur capacité à innover et à mettre en place des moyens de prospérer. L’entrepreneuriat et la prospérité économique passent aujourd’hui par la création de solides partenariats et de maillages entre plusieurs secteurs d’activité (privé, coopératif, associatif, public, financier, etc.). L’industrie de la presse écrite n’échappe pas à ces nouvelles réalités. Des acteurs de milieux variés ont maintenant l’occasion d’imaginer de nouveaux modèles d’affaires viables, privés ou collectifs qui offriront une information objective et de qualité accessible à tous les Québécois. 

Cette crise que traversent les quotidiens de GCM et qui secoue sérieusement les régions représente une occasion à saisir pour nous réapproprier notre vision de l’information régionale et la renouveler. Nous incitons donc fortement les acteurs de toutes les régions à s’approprier les enjeux concernant l’avenir des médias. Il est primordial que ceux-ci maîtrisent cette conjoncture et s’expriment face à cet important défi. Il en va de l’avenir de notre information, un des piliers de notre démocratie.


Marie-Eve Proulx
Ministre déléguée au Développement économique régional, ministre responsable des régions de Chaudière-Appalaches, du Bas-Saint-Laurent, de Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et députée de Côte-du-Sud


Nathalie Roy
Ministre de la Culture et des Communications, ministre responsable de la Langue française et députée de Montarville