Denis Dufresne
Avec l’annulation de la Fête nationale, de la Fête du lac des Nations, du festival Sherblues & Folk, des Concerts de la cité, du tournoi de balle lente Classique Pif et du Festival des traditions du monde, sans compter le démantèlement de la Place Nikitotek, l’été va tourner au ralenti.
Avec l’annulation de la Fête nationale, de la Fête du lac des Nations, du festival Sherblues & Folk, des Concerts de la cité, du tournoi de balle lente Classique Pif et du Festival des traditions du monde, sans compter le démantèlement de la Place Nikitotek, l’été va tourner au ralenti.

Avec les moyens du bord

ÉDITORIAL / L’été sherbrookois ne sera en rien comparable à ceux des années précédentes en raison de l’annulation de la plupart des événements culturels et sportifs grand public, pour cause de COVID-19, ce qui nous contraint collectivement à faire preuve d’imagination, à composer avec les moyens du bord.

Avec l’annulation de la Fête nationale, de la Fête du lac des Nations, du festival Sherblues & Folk, des Concerts de la cité, du tournoi de balle lente Classique Pif et du Festival des traditions du monde, sans compter le démantèlement de la Place Nikitotek, l’été va tourner au ralenti.

Et l’industrie touristique risque fort d’en pâtir.

L’impact de l’après COVID-19 est certes difficile à prévoir, notamment parce que les mesures de déconfinement touchant entre autres les salles de spectacle ne sont pas encore connues, ce qui oblige pour le moment les exploitants à restreindre à 50 le nombre de personnes par représentation, même si cela n’est pas très rentable.

Suzanne-Marie Landry, directrice générale du Théâtre Granada, déplore, sans doute avec raison, que le gouvernement du Québec ne fasse pas la distinction entre la scène culturelle de Montréal, où la COVID-19 demeure très problématique, et les régions « froides » comme l’Estrie pour la capacité autorisée dans les salles de spectacle.

Pour l’heure, le Théâtre Granada doit donc composer avec la limite de 50 personnes, ce qui ne l’empêchera pas de présenter deux soirées d’humour « avec des gros noms », les 24 et 25 juillet, à raison de deux représentations par soir.

Alors que les commerces du centre-ville reprennent leurs activités, les restaurants et les bars doivent eux aussi composer avec les mesures de distanciation physique entre les clients, ce qui n’a rien d’évident.

De nombreux restaurateurs ont démontré beaucoup de résilience pour affronter la crise, notamment avec les repas prêts à emporter, mais la règle des deux mètres en incite plusieurs à ne pas rouvrir leurs portes pour l’instant.

Par ailleurs, la Ville de Sherbrooke, Destination Sherbrooke, Commerce Sherbrooke et le Théâtre Granada mijotent quelques projets pour animer le centre-ville, notamment une « oasis urbaine » sur la rue Wellington Nord (entre Albert et Meadow), où il sera possible de manger et de boire, et le réaménagement du carré Strathcona avec du mobilier urbain.

Dommage toutefois que la Ville de Sherbrooke n’ait pas profité de la situation actuelle pour fermer complètement la rue Wellington Nord à la circulation automobile, du moins les week-ends, afin de permettre aux citoyens de mieux s’approprier cette très belle rue.

La conseillère Danielle Berthold a pour sa part indiqué au début du mois que la Ville prévoit aménager d’autres « oasis » pour les restaurateurs situés à l’extérieur du centre-ville. Une excellente idée.

Commerce Sherbrooke va aussi annoncer sous peu diverses initiatives pour l’animation du centre-ville, avec le défi de trouver l’équilibre entre attirer les visiteurs tout en respectant la règle de distanciation physique de deux mètres.

Malgré son impact dévastateur sur la santé de dizaines de milliers de personne au Québec, et plus de 5000 décès, sans compter un coup très dur pour l’économie, la pandémie a permis aux citoyens de redécouvrir la marche et le vélo, et a démontré la nécessité de leur donner davantage d’espace.

Nous marchons tous sur des œufs, alors que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) observe un rebond du nombre de cas de COVID-19, notamment en Chine, dans certains pays européens et dans plusieurs États américains.

Cette pandémie doit néanmoins être l’occasion de repenser l’aménagement des villes en faveur des piétons, cyclistes et personnes à mobilité réduite, de créer des lieux de convivialité et de permettre aux citoyens de se réapproprier l’espace public.