Aux députés libéraux fédéraux du Québec

J'ai de nombreuses raisons de ne pas fêter le 150e anniversaire du pays voisin, le Canada.
Je ne veux pas fêter notre conquête par les armes. Je ne veux pas fêter la Déportation des Acadiens de 1755, entre autres et notamment parce que mes ancêtres étaient des leurs. On faisait monter les hommes et leurs garçons dans des bateaux surchargés et les femmes et leurs filles dans d'autres bateaux, également surchargés. Ces Acadiens refusaient de prêter serment à l'Angleterre et d'abandonner la religion catholique. Je ne veux pas fêter la guerre des Patriotes de 1837-1838, je ne veux pas fêter la crise de la conscription, durant la Deuxième Guerre mondiale, alors que le premier ministre libéral de l'époque, William Lyon Mackenzie King, promettait à la population du Québec qu'il n'y aurait pas de conscription et disait aux Canadiens anglais « la conscription si nécessaire ». Je ne veux pas fêter la loi des mesures de guerre de 1970, je ne veux pas fêter le rapatriement de la Constitution du Canada, en 1982, sans l'accord du Québec (...), je ne veux pas fêter la loi sur la clarté référendaire, adoptée en 2000 à la suite du référendum québécois de 1995, loi qui permettait au Canada anglais de refuser au peuple du Québec de devenir un pays.
J'ai d'autres bonnes raisons de ne pas fêter ce Canada qui refuse d'aider Bombardier et qui ne tient pas ses promesses électorales.
Mais je veux fêter votre retraite électorale lors des prochaines élections canadiennes.
Julien Richard
Sherbrooke