Une commission scolaire, c’est la voix citoyenne en éducation. C’est un gouvernement local dédié entièrement et uniquement à la réussite des enfants.

Au bistouri les commissions scolaires…vraiment?

Au lendemain de la sortie publique des élu.e.s scolaires dénonçant le manque de collaboration du gouvernement actuel envers son réseau public d’éducation et présentant les besoins urgents du réseau en matière de financement, la réaction de certains fut spontanée, la même que celle formulée il y a plus de 10 ans : au bistouri, les commissions scolaires.

Vous avez des citoyennes et des citoyens mobilisés pour le service à l’élève, soucieux de sa réussite, préoccupés par la valorisation du personnel scolaire, œuvrant à tisser des liens avec la communauté, cherchant à développer la formation professionnelle au diapason des besoins de chaque région du Québec, et la première réaction est : « commissions scolaires : au bistouri »? 

Une commission scolaire, c’est la voix citoyenne en éducation. C’est un gouvernement local dédié entièrement et uniquement à la réussite des enfants. Le conseil des commissaires garantit une éducation apolitique et se dresse, tel un rempart, devant les nominations et les politiques partisanes. Le conseil des commissaires porte l’expression des enjeux locaux à travers l’engagement de toute citoyenne et de tout citoyen désireux de faire une différence et choisis par la population locale. 

Au bistouri l’opinion locale, au bistouri l’engagement citoyen, au bistouri la neutralité politique?

La répartition égale des ressources ne représente pas l’enjeu central des décisions du conseil des commissaires, car le conseil sait fort bien ajuster l’offre de service aux besoins variés des élèves, aux demandes formulées par les directions d’établissement. Il consultera, analysera, délibérera et décidera, utilisant le bien commun et l’équité comme boussoles. Ainsi, selon les politiques qu’il se donne, le conseil des commissaires choisira, par exemple, de maintenir ouverte une petite école de village malgré le faible nombre d’élèves ou encore développera des politiques favorisant la fréquentation d’une seule école pour tous les enfants d’une famille nombreuse (...)

Au bistouri l’équité des chances, les services ajustés aux besoins spécifiques, les politiques locales?

Et que restera-t-il après? L’ablation du corps politique local provoquera un vide favorisant la centralisation des pouvoirs autour d’une seule personne : le ou la ministre de l’Éducation. De nouvelles politiques viendront de Québec rythmer la marche du réseau public d’éducation, sans aucune voix pour en questionner le bien-fondé. Comment pourra-t-il prendre en délibéré des situations particulières et irrégulières provenant de 3000 établissements scolaires? 

L’idée du bistouri se traduit dans les faits par vouloir abolir les voix des citoyennes et des citoyens, parfois opposées aux politiques centrales. Mais, pouvez-vous me dire, dans quel type de pays cherche-t-on à démobiliser ses citoyennes et ses citoyens? Dans quel type de pays cherche-t-on à faire reculer la démocratie?

Alain Fortier

Président

Fédération des commissions scolaires du Québec