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Seulement dans la Capitale-Nationale, ce sont entre 25 000 et 30 000 employés de l’État québécois qui convergent vers les édifices à bureaux des centres-villes tous les jours.
Seulement dans la Capitale-Nationale, ce sont entre 25 000 et 30 000 employés de l’État québécois qui convergent vers les édifices à bureaux des centres-villes tous les jours.

Assurons un retour progressif des fonctionnaires dans nos centres-villes

Steeve Lavoie
Steeve Lavoie
Président et chef de la direction de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec
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POINT DE VUE / Depuis maintenant plus d’un an, la vie dans nos centres-villes se fait rare. À un certain moment, on aurait pu se croire dans une scène digne du Far West: il ne manquait plus que les balles de foin. Nos commerces étaient fermés, les gens étaient à la maison et les activités pour animer nos rues étaient bien peu nombreuses.

Or, bientôt – même très bientôt nous l’espérons – la vie reprendra son cours dans nos milieux urbains. Les gens retourneront profiter de notre incroyable offre gastronomique, de nos paysages époustouflants et de notre savoir-faire local. Cela dit, malgré ce retour progressif à la normale, certaines réalités demeureront présentes à long terme. Celle qui pourrait faire le plus mal à notre économie locale est sans aucun doute le télétravail.

Les gestionnaires et entreprises seront confrontés à une nouvelle dynamique qui s’imposera d’elle-même, celle du libre choix. Car le télétravail n’est plus une option qui se présente à nos portes, c’est maintenant une alternative concrète à laquelle ont goûté une majorité de travailleuses et de travailleurs. Les entreprises qui le peuvent devront dorénavant proposer la possibilité du télétravail pour demeurer compétitifs et continuer d’attirer et de garder leur main-d’œuvre. Il s’agit de la suite logique des choses, puisque depuis plus d’un an, tout fonctionne à partir de la maison.

Bien mal placé celui qui obligera ses employés à revenir 100% du temps en personne au bureau, quand la viabilité d’une autre option a été démontrée. La flexibilité sera de mise, tous en conviennent. Nous devons toutefois éviter de tomber dans l’autre extrême, qui risquerait de faire très mal à nos commerçants. Si les entreprises et les gouvernements continuent d’offrir le télétravail à 100%, qui habitera notre colline parlementaire et ses bureaux? Qu’adviendra-t-il des édifices à bureaux du chemin Sainte-Foy?

C’est pourquoi nous demandons aujourd’hui au gouvernement du Québec, comme à celui du Canada, de jouer un rôle de leader pour regarnir nos centres-villes de leurs travailleurs. Nous les appelons à mettre en place rapidement une politique de retour au travail en présentiel, en mode hybride, pour leurs fonctionnaires. Et afin d’assurer un maximum de prévisibilité à nos commerçants, nous leur demandons de rendre publique cette politique aussi tôt que possible.

Seulement dans la Capitale-Nationale, ce sont entre 25 000 et 30 000 employés de l’État québécois qui convergent vers les édifices à bureaux des centres-villes tous les jours. Ce sont ces mêmes personnes qui prennent un café sur la route le matin, qui utilisent le transport en commun, qui dînent entre collègues sur une terrasse de la Grande Allée ou encore qui profitent d’un 5 à 7 dans le Vieux-Québec. Se priver d’une telle présence aurait sans aucun doute des conséquences très graves sur la vitalité économique de plusieurs commerces.

Alors que nous retrouvons progressivement un semblant de vie normale, nous souhaitons que tous les commerçants qui ont été durement touchés par la pandémie puissent également entrevoir l’avenir avec optimisme et confiance. Nous souhaitons qu’ils puissent eux aussi retrouver cette vie d’avant… avec leurs clients.