Bernard Coulombe
Bernard Coulombe

Asbestos : le mot le plus dispendieux de l’histoire

J’appuie le conseil municipal d’Asbestos de vouloir changer le nom de la ville, car le mot Asbestos est diabolisé au Québec, au Canada, aux États-Unis, en Europe, au Japon…

Asbestos est le mot le plus dispendieux de l’histoire du monde. 

Sa phobie est universellement répandue à cause et surtout des activistes anti-amiante qui sont reliés aux intérêts monétaires tels que les désamianteurs, les producteurs de fibres synthétiques à base de pétrole, dont les anciennes grandes corporations de fibrociment (Johns-Manville [voici pourquoi il ne faudrait pas appeler la ville Manville], Eternit, St-Gobain…) et aussi d’autres détracteurs tel que des avocats profiteurs américains à la recherche de compensations pour de supposées victimes! (Attention, je ne dis pas qu’il n’y a pas de victimes.)

De plus, la grande peur universelle de l’amiante rend absolument impossible de faire changer l’opinion souvent complètement ignare des gens, surtout des journalistes qui ne veulent pas aller à contre-courant du populaire et qui écrivent du sensationnalisme comme François Cardinal de La Presse, par exemple, qui prend les habitants de la ville d’Asbestos pour des imbéciles.

« Asbestos » crée un véritable préjudice, une aversion même, envers les entreprises qui doivent faire des affaires à l’international (souvent même au Québec et au Canada) car le monde en général, mais surtout les douanes étrangères, sont suspicieux avec les importations originant d’Asbestos. Cette peur vient de la contamination possible d’autres produits pour une substance (amiante) classée cancérigène par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Pour faciliter le dédouanage des exportations d’amiante de Mine Jeffrey, en 1990, j’ai dû prendre la décision suivante : avoir une adresse corporative à Danville et faire refaire toute la papeterie d’affaire de l’entreprise pour enlever le mot Asbestos de mes correspondances. Ce n’est pas tout, je ne vendais plus de l’amiante, je vendais du chrysotile. J’ai fait disparaître complètement le mot amiante afin de pouvoir continuer à faire des affaires dans le monde! (Ne suis-je pas un investisseur qui savait ce qu’il vendait?)

Je n’ai pas honte de la mine Jeffrey, même si elle a été fermée par le gouvernement en 2012. J’y travaille encore (bénévolement pour ma part) et avec l’entreprise Beausite Métal (les frères Proulx) pour compléter le plan de réaménagement et de restauration du site des moulins avant 2022.

Mon épouse Louise Moisan a été la première femme conseillère durant 12 ans et la première femme mairesse durant 8 ans et j’en fier!

J’aime ma ville d’accueil, où je vis en bonne santé depuis 50 ans, j’y ai élevé mes enfants, bâti mon histoire, et maintenant, elle semble vouloir se dynamiser davantage et c’est très stimulant et prometteur.

Malgré une certaine nostalgie, c’est en pensant à l’avenir que je crois qu’il faut ouvrir de nouveaux horizons aux entrepreneurs et penser au futur des jeunes citoyens.

Nous devons donc choisir ensemble un nouveau nom pour la ville qui sera libre de mauvaise réputation et démontrera une volonté citoyenne d’évolution après la belle époque de grand producteur d’amiante chrysotile sans renier le siècle valeureux des travailleuses et travailleurs de la mine.

Qui n’a pas eu comme sempiternelle question : y’a-t-il vraiment une ville qui s’appelle Asbestos?

Bernard Coulombe

Président de Mine Jeffrey