Arrêtés pour l’hiver

ÉDITORIAL / Il apparaît anormal que les Sherbrookois doivent composer d’une année à l’autre avec des chantiers routiers non complétés à l’arrivée de l’hiver, une situation qui peut bien sûr s’expliquer par les aléas de la météo, mais aussi par le fait que certains entrepreneurs se donneraient des carnets de commandes trop chargés, les obligeant à faire plusieurs travaux simultanément.

En tout, une dizaine de chantiers amorcés cette année doivent être reportés à 2018 malgré un temps très doux jusqu’à la fin d’octobre. L’an dernier c’était 18.

Dans le cas de l’asphaltage, le problème s’expliquerait par le fait que les devis de la Ville de Sherbrooke comportent des délais et des pénalités seulement lorsque les travaux pour la couche de base ne sont pas exécutés à temps.

Toutefois, de tels mécanismes n’existent pas pour la couche de surface, de sorte que les entreprises ne sont pas sanctionnées lorsque cette deuxième phase n’est pas complétée à temps, comme c’est le cas par exemple sur la rue Belvèdère Sud.

Résultat : certains entrepreneurs prendraient trop de contrats, avec d’autres municipalités ou le ministère des Transports, par exemple, et « saupoudrent leurs travaux en fonction des pénalités », explique Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke.

Sur la rue Belvédère Sud, l’entreprise de pavage Sintra a procédé à des travaux de pulvérisation et de resurfaçage au cours de l’été, mais a manqué de temps pour compléter l’application d’une deuxième couche d’asphalte sur le tronçon entre les rues Sara et Thibault avant l’arrivée du gel.

À la demande de la Ville de Sherbrooke, l’entreprise devra installer à ses frais des montées devant les entrées de cour des résidences et commerces, mais les citoyens du secteur devront patienter jusqu’au printemps avant de voir les travaux être exécutés.

Ils devront donc composer à nouveau avec un chantier l’an prochain.

Bien que l’interruption des travaux pour la durée de l’hiver n’ait pas nécessairement d’impact sur la circulation, la situation est tout de même frustrante pour les contribuables qui ont l’impression qu’on laisse parfois des entreprises pratiquement décider du calendrier des travaux.

La Ville de Sherbrooke entend toutefois modifier les règles du jeu pour l’an prochain et imposera dans ses appels d’offres des délais plus serrés et des pénalités pour la pose de la couche d’asphalte de surface afin d’éviter que les entrepreneurs prennent la poudre d’escampette entre deux phases de travaux pour remplir d’autres contrats.

Il est cependant difficile de comprendre pourquoi l’administration municipale ne l’a pas fait avant.

Le report à 2018 des travaux d’infrastructures routières pour le boulevard René-Lévesque, malgré un véritable sprint au cours des dernières semaines, s’explique quant à lui par plusieurs facteurs, dont la grève de la construction en mai, le temps pluvieux au début de l’été, la présence de roc dans le sous-sol et le fait que le chantier se trouve en milieu humide, ce qui a compliqué l’utilisation de la machinerie.

Ce futur axe routier, qui doit relier dans une première phase le boulevard Industriel et la rue Henri-Labonne dans le secteur Rock Forest, devrait être complété d’ici la fin de juin 2018.

Il est évident que certains éléments, comme la mauvaise température ou une grève, sont parfois hors du contrôle des entrepreneurs et de la Ville, mais les contribuables sont en droit de demander davantage de diligence des entreprises et un meilleur contrôle de la part de la Ville.