Vendredi après-midi, Sarah Maggali Namoutiri a quitté le pays pour la République du Congo en laissant derrière elle son conjoint et ses trois enfants.

Arracher une mère à ses enfants: une absurdité renversante

J'ai écrit aux ministres concernés par l'expulsion en République du Congo de la maman de trois petits enfants, une absurdité qui me renverse tellement que je n'en éprouve aucun soulagement. Je vous invite à faire de même, inondons les boites courriels des ministres!
En tant que Sherbrookoise, en tant que mère de jeunes enfants et surtout, en tant qu'être humain, je tiens à vous témoigner mon plus total désaccord quant à l'issue invraisemblable de la saga des visas de Sarah Maggali Namoutiri, cette mère de trois jeunes enfants qui a dû rentrer, seule, dans son pays vendredi soir.
Expulser du pays cette jeune mère, l'arracher à ses tout-petits, est ni plus ni moins qu'un non-sens. Rien ne peut justifier cette décision, qui punit au-delà de toutes limites de jeunes enfants sans défense.
Je connais personnellement des orphelins de la tragédie de Lac-Mégantic, et je sais à quel point la vie de ces enfants, privés à jamais de leur mère décédée, est bouleversée. De voir qu'on fabrique délibérément trois orphelins de plus, pour des raisons cette fois purement administratives, soulève ma plus profonde indignation.
Tandis que, du confort de mon foyer, j'ai le loisir de regarder grandir mes enfants dans la paix et la facilité, une femme d'à peu près mon âge, habitant la même ville que moi, doit se séparer des siens, simplement parce que le hasard a voulu qu'elle naisse Africaine et que, pour elle, le concept de facilité appartienne probablement à la science-fiction. C'est injuste.
Madame et messieurs les ministres, expliquez-moi comment feront les proches de ces enfants pour leur faire comprendre où est maintenant maman, et pourquoi elle les a quittés. Dites-moi aussi ce que je peux faire pour contribuer à renverser cette décision. Une pétition? Une campagne de financement?
Puissiez-vous reconsidérer ce geste insensé et gratuit et réunir rapidement cette famille avant qu'elle ne souffre encore davantage de tout le mal qui lui est fait. Je vous rappelle à ce propos que la République du Congo n'est pas exactement le pays le plus sécuritaire qui soit, en ce moment du moins. Cette famille, dont deux des enfants sont Canadiens, mérite mieux que ce sort que vous leur avez imposé.
Élise Arguin
Sherbrooke