Vingt-quatre heures plus tard, nous en savons un peu plus sur le feu dévastateur qui a rasé la couverture de l’église Notre-Dame de Paris, en fin de journée lundi. Mais chacune des réponses soulève son lot de questions.

Après le choc de Notre-Dame

ÉDITORIAL / Vingt-quatre heures plus tard, nous en savons un peu plus sur le feu dévastateur qui a rasé la couverture de l’église Notre-Dame de Paris, en fin de journée lundi. Mais chacune des réponses soulève son lot de questions.

La plus pressante des interrogations s’avère naturellement la cause du feu. Une fois sur deux, dans des cas du genre, c’est la main humaine qui est responsable de l’incendie. Est-ce le cas cette fois ? Les premières estimations pointent en cette direction, mais il faudra encore plusieurs jours avant d’en être à peu près certain.

Si c’est le cas, cela rassurera au moins les autorités que ce n’est pas une autre cause, plus incertaine celle-là, qui en expliquerait la responsabilité. Par chance, l’intégralité de la structure semble intacte.

Les Canadiens, comme le reste du monde, observaient avec consternation ce qui arrivait lundi avec l’un des principaux attraits du monde chrétien, et le principal site touristique de France. Nos pensées étaient avec les quelque 500 pompiers qui combattaient l’incendie, et nous avons tous retenu notre souffle lorsque la flèche, qui se consumait avec d’énormes flammes, s’est effondrée.

La cathédrale Notre-Dame date peut-être de 1163, la flèche, elle, est bien plus contemporaine. Elle ne date « que » de 1843. Mais elle était devenue un symbole puissant, un point d’ancrage de tous les Parisiens qui pouvaient s’orienter avec elle, en regardant au loin.

Le président de la République française, Emmanuel Macron, a été rapide pour assurer que la cathédrale sera reconstruite. Mais il a été téméraire en parlant d’une durée de cinq ans. La cathédrale a mis près de 200 ans à s’ériger, entre la première pierre en 1163, jusqu’à son achèvement en 1345. C’était évidemment avec les moyens du bord, bien moins technologiques qu’aujourd’hui. Il faudra prendre le temps qu’il faut pour reconstruire la toiture, la flèche et tout le reste des décombres.

Une fois tout le site nettoyé, il faudra décider d’abord comment cela se fera. Doit-on reconstruire la « forêt » de poutres de chêne qui soutenait toute la structure, ou permettra-t-on aux architectes modernes d’utiliser des matériaux plus solides, comme le fer, comme armature ? Il y aura de nombreuses voix pour appuyer les méthodes ancestrales, comme témoignage de l’ingéniosité des générations qui nous ont précédé. Et puis, si l’édifice a soutenu le test de 800 ans, il peut bien en tenir 800 autres.

Mais une reconstruction en cinq ans, à temps pour les Jeux olympiques à Paris en 2024, paraît bien incertaine. Gageons que 10 ou 20 ans seront plus près de la réalité.

Une chose est sûre, c’est qu’à première vue, les travaux ne manqueront pas d’argent.

Dans des gestes d’une rare générosité — et qui vont bien plus loin que la simple déduction d’impôt —, de nombreuses fortunes de France ont déjà annoncé leurs intentions à coup de millions, voire de centaines de millions dans le cas des familles Arnault, Pinault et Bettencourt. En 24 h à peine, nous en serions déjà à 1 milliard $ de récoltés, et les campagnes ne sont pas encore en branle. Il reste encore le Vatican dont les croyants n’ont pas entendu parler, autrement que pour soumettre ses prières. La richesse de l’Église catholique devra être au rendez-vous de la reconstruction de ce haut-lieu du catholicisme.

Le feu a ravagé la cathédrale Notre-Dame, mais n’a en rien ruiné l’espoir des hommes et des femmes de Paris et du reste du monde. Les éléments sont puissants, mais la résolution des citoyens de la Terre peut être tout aussi puissante.