Allons de l'avant avec la modernisation de la consigne

À la suite du dévoilement des grandes lignes du plan de modernisation du système de consigne publique québécois, la semaine dernière, le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED) est convaincu plus que jamais que c'est le moment pour le gouvernement du Québec d'en faire officiellement l'annonce, et ce, dans les meilleurs délais.
La modernisation de notre système de consigne publique sur les contenants de boisson - inchangé depuis son instauration en 1984 - nous permettra d'atteindre des taux de
récupération globaux plus élevés et une meilleure qualité de la matière récupérée. Ainsi, nous serions plus à même de développer une véritable économie verte ici, au Québec.
Les détracteurs de notre système de consigne ne proposent aucune solution viable. Ils ne recherchent que son abolition pure et simple pour des raisons pécuniaires. Chaque fois
qu'un gouvernement est sur le point de bonifier ou d'élargir ce système, ils ressortent les mêmes épouvantails et sèment le doute avec des propos trop souvent fallacieux.
En 2004, notamment, nous avons connu une vague de réactions anti-consignes semblables à celle à laquelle nous assistons actuellement, le gouvernement d'alors ayant,
déjà à l'époque, l'intention de proposer de consigner les bouteilles d'eau. Les lobbies anti-consigne étaient intervenus avec vigueur afin de bloquer ce projet en prétendant que les
taux de récupération de ces contenants allaient augmenter avec leurs millions et leurs soi-disant solutions novatrices. L'idée d'élargir la consigne aux bouteilles d'eau avait donc été
mise de côté.
Aujourd'hui, force est de constater que non seulement la situation de la récupération des contenants de boisson ne s'est pas améliorée, elle s'est même détériorée. La solution
passe donc par une modernisation de notre système de consigne publique, en complémentarité avec celui de la collecte sélective municipale. Nous ne voulons plus revivre le jour de la marmotte. Laissons le gouvernement faire connaître officiellement ses intentions sur la question et, au besoin, engageons les débats sur des faits et non sur des rumeurs. Surtout, faisons-le de façon plus sereine et plus constructive que ce à quoi nous assistons en ce moment, en ayant comme objectif principal l'amélioration de notre bien-être collectif.
Karel Ménard
Directeur général du FCQGED