Alerte planétaire

ÉDITORIAL / Les manifestations et grèves pour le climat, qui se déroulent ce vendredi dans 500 villes du monde, dont Sherbrooke, où des milliers d’étudiants sont mobilisés, doit faire comprendre aux décideurs que des actions urgentes et décisives sont nécessaires pour freiner le réchauffement planétaire.

Malgré les nombreux sommets sur le climat, dont l’Accord de Paris de 2015, ratifié par plus de 125 pays, qui visait à limiter l’élévation de la température moyenne de la terre et un plafonnement mondial des émissions de gaz à effet de serre (GES), la plupart des États n’ont pas respecté leurs objectifs et continuent de dépendre largement du pétrole.

Le Québec, par exemple, avait atteint l’an dernier à peine la moitié (9 %) de sa cible de réduction de ses émissions de GES de 20 % d’ici 2020, par rapport à 1990, alors que le secteur du transport est responsable de 41,7 % des émissions et que le nombre de grosses cylindrées ne cesse d’augmenter sur les routes.

La crise climatique interpelle aussi les municipalités qui, pour la plupart au Québec, agissent de façon trop timide pour limiter l’étalement urbain, développer le transport en commun et réduire la dépendance envers la voiture.

À Sherbrooke, par exemple, tous ou presque se réjouissent du déménagement du magasin de la chaîne Costco, réputée pour offrir de l’essence à moindre coût, au Plateau Saint-Joseph, donc en périphérie, où une station d’essence pourra desservir 24 véhicules à la fois!

Tous veulent payer moins cher pour faire le plein, mais ce projet est en totale contradiction avec la nécessité de lutter contre le « tout-à-l’automobile » et les émissions de GES.

La plupart d’entre nous disent être conscients de la gravité des changements climatiques, y compris les politiciens, mais nous continuons d’agir comme si de rien n’était.

Il est vrai que la grande majorité des Occidentaux ne sont pas directement touchés par les événements climatiques extrêmes – inondations, feux de forêt, sécheresses, etc. – mais les mises en garde répétées des scientifiques sont inquiétantes pour l’avenir de la planète.

Même si ce ne sont pas tous les jeunes qui sont préoccupés par la crise climatique, les manifestions d’aujourd’hui témoignent d’une réelle prise de conscience et de l’urgence d’agir.

Aujourd’hui, plus de 100 000 jeunes québécois, avec l’appui de 350 scientifiques, selon Greenpeace, et des centaines de milliers d’autres dans le monde, veulent forcer les États à agir et à légiférer plus sévèrement contre le réchauffement climatique.

Il faut souhaiter que ce « printemps climatique » aura des suites.

Urgence emploi

Avec un taux de chômage de 3,8 % pour cent en février dernier, le marché de l’emploi est au beau fixe en Estrie mais la rareté de la main-d’œuvre frappe durement les entreprises.

Cette situation sera bien en évidence au Salon Priorité-Emploi, qui débute vendredi matin au Centre de Foires de Sherbrooke, avec plus de 140 exposants et 12 000 emplois offerts.

L’Estrie, comme la plupart des régions du Québec, a des milliers de postes à pourvoir (4130 postes vacants en 2018 selon Statistique Canada) et la main-d’œuvre, spécialisée ou non, se fait rare en raison des nombreux départs à la retraire et de la dénatalité.

Les impacts sont importants : une étude de la Banque de développement du Canada démontre que 53 % des propriétaires d’entreprises canadiennes limiteront leurs investissements en 2019 en raison du manque de travailleurs, une situation qui, à la longue, pourrait diminuer la croissance économique.

Beaucoup d’employeurs déploient certes des efforts, notamment avec la formation en entreprise... Encore faut-il qu’il y ait des candidats!

La solution passe aussi par les travailleurs issus de l’immigration, la lutte au décrochage scolaire, la rétention des travailleurs âgés et les technologies. Mais il faudra y mettre encore des efforts et de l’argent.