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Denis Dufresne
La Tribune
Denis Dufresne
L’éclosion mortelle de COVID-19 à l’unité d’hémato-oncologie du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, où les malades du cancer reçoivent de la chimiothérapie, dépasse l’entendement.
L’éclosion mortelle de COVID-19 à l’unité d’hémato-oncologie du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, où les malades du cancer reçoivent de la chimiothérapie, dépasse l’entendement.

Aberrant !

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ÉDITORIAL / L’éclosion mortelle de COVID-19 à l’unité d’hémato-oncologie du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, où les malades du cancer reçoivent de la chimiothérapie, dépasse l’entendement.

Comment expliquer, en effet, que du personnel soignant non vacciné et non dépisté ait pu côtoyer des patients dont le système immunitaire est grandement affaibli en raison des traitements qu’ils subissent?

Comment a-t-on pu ainsi mettre leur vie en danger?

Quatre patients sont décédés en mai après avoir contracté la maladie, tandis que deux autres demeurent aux soins intensifs.

Sept membres du personnel ont aussi été atteints et la majorité d’entre eux n’avaient pas été vaccinés.

Il n’est pas impossible que le virus ait été introduit par un visiteur.

Mais, étrangement, les mesures de contrôle et de prévention auxquelles les employés de la santé doivent se soumettre en raison de la pandémie ne s’appliquaient pas jusqu’ici en hémato-oncologie.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a rectifié le tir jeudi dernier en annonçant que le personnel de la santé des départements d’oncologie des hôpitaux du Québec devra obligatoirement être vacciné ou, à défaut, se faire dépister trois fois par semaine.

Il a même affirmé que « si ça ne fonctionne pas, on vous replace ailleurs et, s’il n’y a pas de place, vous n’êtes plus à l’emploi ».

Pourquoi a-t-il fallu attendre que des morts se produisent avant d’agir?

L’affaire a été révélée par un groupe de 15 médecins du CIUSSS de l’Estrie-CHUS dans une lettre publiée dans le quotidien Le Devoir.

Ceux-ci demandaient au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) d’exiger des soignants des unités d’oncologie de la province qu’ils soient testés trois fois par semaine s’ils n’ont pas été vaccinés contre la COVID-19.

Les signataires précisent qu’avant d’être admis dans cette unité, les malades doivent avoir obtenu un résultat de test de COVID-19 négatif et que tous les patients concernés étaient négatifs à leur arrivée.

C’est donc dire que, jusqu’ici, on exigeait des personnes malades de montrer patte blanche avant leur admission mais que les employés n’avaient pas à se plier à ces mesures de contrôle.

Autrement dit : faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais! 

On ne peut certes pas obliger les travailleurs de la santé à se faire vacciner.

Chacun est libre de ses choix.

Mais on comprend mal qu’un employé qui travaille auprès de personnes vulnérables dans un hôpital décide de ne pas se protéger et de ne pas protéger les autres.

Cela démontre aussi, malheureusement, une forme d’irrespect pour l’ensemble des travailleurs et travailleuses de la santé qui s’échinent depuis 16 mois dans la lutte contre la COVID-19.

Au plan éthique et professionnel, il est inadmissible que du personnel soignant puisse présenter un risque pour la santé et la sécurité des patients et des collègues de travail.

Tout emploi comporte ses exigences qu’elles soient pratiques ou morales, de surcroît dans le domaine de la santé.

Cette triste affaire ne peut en rester là.

Ne serait-ce que par respect pour les proches des victimes, le MSSS devra s’expliquer sur ce grave manquement de notre système de santé.