À notre santé!

Je déplore que parler de santé se limite pour tous les partis à discuter de prestation de services médicaux ou paramédicaux. Ce faisant les candidats aggravent la transformation du ministère de la Santé en un ministère de la Maladie, une évolution vieille de 40 ans.
On ramasse de l'argent pour aider les cancéreux, on rembourse le traitement de l'infertilité, on augmente le nombre de dermatologues, on achète des appareils d'imagerie médicale. Toutefois, on laisse vendre des aliments, des produits d'hygiène, des cosmétiques, des tissus, des produits de jardinage et même des médicaments, contenant des perturbateurs endocriniens, des cancérogènes ou des allergènes.
Vers 1999, on estimait que dépenser 1 $ pour l'environnement permettait 7 $ d'économies en soins de santé. Rien n'a été fait dans ce sens, de nouvelles sources de contamination ayant compensé les mesures de dépollution. On accuse le vieillissement de la population de causer l'augmentation des dépenses de la RAMQ. Que les candidats regardent autour d'eux et lisent les annonces de décès! On voit bien que les personnes nées après 1940, et non avant, meurent de plus en plus jeunes, à l'issue de maladies ayant coûté de plus en plus cher. L'espérance de vie et sa qualité dégringolent.
Que l'industrie cherche le profit sans égard pour notre santé, on le comprend. Mais, quand le système médical lui-même contribue à créer les problèmes, cela dépasse les bornes. J'en donne deux exemples, évidents pour les candidats de Richmond et d'ailleurs :
- Observez la fréquence de jeunes mères ayant un surpoids de 15 à 35 kilos, alors que père et enfants ont un gabarit normal. La prescription de suppléments alimentaires par le corps médical, le fait de ne fournir aucune information sur les conséquences néfastes d'un excès de minéraux et de vitamines, de ne pas enseigner les signes d'excès et de carence de nutriments, en sont probablement la cause. Or, la combinaison de certains minéraux fait augmenter l'appétit sans que cela corresponde à un besoin du corps, l'excès de vitamine D cause des malformations cardiaques, celui de vitamine A d'autres malformations foetales, celui de vitamine B6 des neuropathies sensitives.
- À Richmond, la ville ne peut arrêter la fluoruration de l'eau sans pénalité, alors que la Direction de la Santé publique a présenté au conseil municipal une hypothèse mise en doute dès 1954 et reconnue fausse par les scientifiques vers 1980. Par son incapacité à mettre à jour ses connaissances, l'équipe fluorure de la santé publique nuit à la santé de toute une population sans être utile à quiconque.
Candidats de Richmond et d'ailleurs, j'aime vous entendre parler de santé. À condition qu'on en parle bien : en jumelant le sujet avec l'environnement et la promotion de l'agriculture biologique, en formant des équipes de santé publique compétentes et objectives, en parlant d'améliorer la formation des médecins en matière de nutrition. En ayant une vision « santé » et non pas « maladie ».
Mireille Guay
Ph.D. en chimie organique,
assistante de recherche en
biochimie de 1975 à 1986
Sherbrooke