Le campus de l'Université de Sherbrooke aussi est désert.

À la guerre comme à la guerre

ÉDITORIAL / Lieux publics et maisons d’enseignement fermés, parcs municipaux désertés, aînés confinés à domicile, commerces au ralenti et un calme presque surréaliste dans les rues : qui aurait cru que la COVID-19, ce virus respiratoire apparu en Chine, viendrait chambouler à ce point nos habitudes de vie?

Les Sherbrookois, comme leurs concitoyens ailleurs sur la planète, doivent apprendre à vivre au ralenti, à restreindre leurs contacts avec autrui et à retourner à l’essentiel, lire, bricoler, écouter de la musique et prendre soin les uns des autres.

Et, aussi, avoir une pensée pour les aînés seuls, les personnes démunies, les employés des commerces de détail et les travailleurs de la santé sursollicités.

La vie doit continuer même si les mesures sanitaires et de réclusion volontaire décrétées par les autorités gouvernementales ont un impact négatif sur l’économie et les emplois.

Sans parler d’une vie sociale réduite au minimum, en ces premiers jours de printemps… Pour certains, c’est bonjour la solitude et l’anxiété.

Ce qui semblait improbable est devenu une réalité : la crise du coronavirus impose un changement radical dans nos façons de vivre pour au moins quelques semaines.

L’Estrie est d’ailleurs la deuxième région la plus touchée au Québec, derrière Montréal, pour le nombre de cas avec 26 personnes infectées.

À ce jour, le Québec compte 139 cas et un décès liés à cette maladie infectieuse.

Heureusement, toutefois, le gouvernement du Québec semble avoir la situation bien en main.

Et, chaque jour, le trio formé du premier ministre François Legault, de la ministre de la Santé Danielle McCann et du directeur de la Santé publique Horacio Arruda le démontre avec clarté, simplicité et empathie.

Les Sherbrookois peuvent aussi compter sur le coordonnateur des mesures d’urgence à la Ville de Sherbrooke, Stéphane Simoneau, dont l’appel au calme et à la solidarité doit être une source d’inspiration pour tous en cette période de crise.

En outre, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a ouvert quatre centres de dépistage sur son territoire pour effectuer des tests et ralentir la propagation.

Cela dit, cette crise sanitaire devrait nous faire réfléchir sur notre sens de la solidarité humaine et planétaire, sur l’interdépendance des peuples et des nations.

Et si — on peut toujours rêver! — cette pandémie était le déclencheur d’une prise de conscience collective d’une autre crise qui menace notre planète : celle de l’environnement, de la destruction du vivant et des changements climatiques?

Pourquoi pas un référendum ?

Le projet du Bonaparte, une tour d’habitation de 17 étages au coin des rues Claire-Jolicoeur et du Pacifique, ne fait pas l’unanimité, mais devrait néanmoins être soumis à un référendum comme le demandent le promoteur Robert D. Côté et six conseillers municipaux.

Le comité consultatif d’urbanisme a unanimement recommandé de bloquer un amendement au zonage nécessaire à la réalisation du projet, notamment parce que le volume et la hauteur de l’immeuble projeté ne s’intégreraient pas avec ce secteur où on retrouve principalement des unités d’habitations de deux à six étages.

La Ville craint également que la vue sur le mont Bellevue soit altérée par le Bonaparte, notamment à partir du parc Jacques-Cartier.

En revanche, ce projet permettrait de densifier la population du secteur et de limiter l’empiètement sur les espaces verts, comme le fait valoir M. Côté.

Le promoteur avait obtenu en 2013 l’accord du conseil municipal pour un immeuble de 9 étages à cet endroit avant de modifier son projet.

Une solution de compromis serait-elle envisageable?

Laissons d’abord la parole aux citoyens du secteur avec la tenue d’un référendum.